ACF en MAP. Vers les J52 – « Les MGTOW et les INCELS : une identité blessée » par Renée Adjiman

En  préparation des  52e Journées de l’École de la Cause freudienne  sur le thème  « Je suis ce que je dis – Dénis contemporains de l’inconscient  » , Renée Adjiman, psychologue clinicienne, nous livre un texte intitulé: « Les MGTOW et les INCELS : une identité blessée »

Les discours ségrégatifs envahissent les réseaux sociaux. Certains groupes identitaires conjuguent leur mode de jouir dans un dico qui peut pousser à la violence comme le mouvement « masculiniste[1] ». Deux groupes communautaires illustrent ces mouvements : les MGTOW [2], « hommes suivant leur propre chemin » et les INCELS, Involuntary célibat (Célibataires involontaires) dont la violence, l’âpreté de la jouissance flambent dans le délire mettant en évidence un Autre méchant, faisant beaucoup d’adeptes dans le monde.

Les MGTOW

Ce mouvement social conservateur ou réactionnaire prétend que les hommes souffrent d’une crise identitaire parce les féministes dominent société et institutions. Activistes pour le droit des hommes, leur principale revendication est de lutter contre la féminisation de la société où « devenir un homme est difficile ». Ce mouvement apparu début des années 80 est d’origine anglo-saxonne. Il s’écarte des grilles de lecture de la manosphère. Modérés dans leur propos ils se posent comme victimes de la cupidité des femmes pour les pensions alimentaires et proposent des conseils.

Les INCELS : Involuntary célibat 

Ces hommes pensent que les femmes sont responsables de leur célibat, se sentent rejetés et menacés par elles car voués à un célibat involontaire. Ils prônent culture du viol, incitation au harcèlement. Leurs propos sont extrêmement violents. Ils veulent détruire les femmes car elles contrôlent les relations et le sexe. Plusieurs attaques meurtrières sont revendiquées par ces INCELS. La plus célèbre est l’attaque de Toronto en 2018, perpétrée par Alek Minassian ayant fait dix morts, dont 8 femmes. Ce dernier affirme « avoir accompli sa mission après avoir été rejeté sexuellement et ridiculisé par les femmes ». Leur frustrations, couplées à une vision rétrograde des femmes, les font graviter dans les milieux d’extrême droite. Ces sujets se défendent d’un Autre méchant et s’éprouvent « comme une identité blessée [3]», une violence fondée sur le rejet de l’Autre.Nous dirons alors : je dis que suis un MGTOX, un INCELS, alors je suis un MGTOW, un INCEL. Voici une nouvelle identité toute saturée par le S1 qui collectivise une communauté sur mesure !

[1] Ensemble de discours et d’actions militantes basé sur l’idée que les hommes souffrent d’une crise d’identité individuelle et collective en raison de la domination sociale qu’exerceraient les féministes en particulier »

[2] men going their own way

[3] Anaëlle Lebovits-Quenehen, argument J52



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