Antenne clinique Gap : Le Cercle

Carnet de bord
Du CERCLE

(Centre d’Études et de Recherches Cliniques)
UFORCA- Gap

«  Plus que de recevoir un enseignement, il s’agit de susciter chez les participants inscrits à l’AC de Gap (et pourquoi pas à la SC) un désir de mise au travail. Les travaux du CERCLE peuvent en donner l’idée »

Le CERCLE a été créé par Jacques-Alain Miller pour réunir ceux qui participent déjà depuis plusieurs années à une Section ou Antenne clinique et qui souhaiteraient s’engager dans un travail de recherche et l’approfondissement des acquis.             
Chacun y vient donc pour produire un travail qui témoignera non pas de ce qu’il savait déjà ou croyait savoir mais de ce qu’il aura pu découvrir.
Cette peinture de Rembrandt pourrait soutenir l’esprit de notre travail. Le consul Popilius entoure d’un cercle le roi Antiochus afin de hâter une négociation difficile. Lacan en parle dans le Séminaire XXIII et J-A.Miller en fait un commentaire.[1]
Le thème annuel de recherche pourrait être le cercle dans lequel chaque participant consent à se laisser enfermer pour se hâter d’en sortir avant la fin de l’année.


[1] Lacan J. Le livre XXIII p. 109 et J-A. Miller Notice en fil d’aiguille p. 220

Rembrandt Harmensz Van Rijn, dit REMBRANDT
(Leyde, 1606 – Amsterdam, 1669)
Popilius et AntiochusMusée des beaux- arts de Rennes

Le souffle
« Au joint le plus intime du sentiment de la vie [1]»

Introduction  

Merci pour cette invitation qui du fait des circonstances dans laquelle elle est venue m’a permis, en lien avec ce thème, de revenir sur un point que je venais, une semaine avant, d’exposer rapidement. Cette nouvelle invitation venait en fait déranger, effacer un temps de pause, un sentiment de souffler un peu, de reprendre mon souffle. L’irruption de cette demande produisit d’abord une défense. Je proposais à François de reprendre mon titre et le texte que j’avais déjà fait. Devant son insistance amicale à me remettre dans l’actualité de cette invitation, j’ai consenti à le lâcher. Mon texte portait donc une date « d’expiration » et chutait comme un déchet, un déjà dit du pas précédent. Sans doute un effet de « desêtre », un étrange vide du fait d’être démuni, de n’avoir rien à dire se manifestait en moi. La nuit portant conseil, au réveil, ce titre « le souffle » s’était imposé soutenu, par cette citation de Lacan. Un consentement à m’avancer, faire face à ce vide, ressuscitait l’élan d’un désir de dire. Des énoncés commençaient à me venir à l’esprit. Il y avait aussi, sur le moment, comme sous l’effet d’une injonction surmoïque à répondre, un emballement jouissif des idées qui me venaient, avec la sensation d’un souffle affecté, palpitant, précipité, épuisant. Cette jouissance à trouver des idées pour arriver à satisfaire à cette demande passait par la variété des humeurs scandées par le battement entre la jubilation des idées et la déception du ratage du fait qu’aucunes étaient satisfaisantes et conclusives pour réduire le trou ouvert par l’intrusion du désir au-delà de cette demande. La prison du fantasme imposait donc bien sa logique. Puis brusquement, après une pause, une mise en ordre des idées, un plan, a apaisé cette agitation. Le souffle d’un vouloir dire déterminé s’était imposé à moi et me tenait au corps.
Rien de neuf dans ce que je viens de dire. Pourtant chaque fois l’étonnement devant la réitération de cet éprouvé « au joint le plus intime du sentiment de la vie », entre souffle et pensées du corps parlant. Mais comme le précise Lacan ce n’est en effet pas de l’ordre d’un souvenir. C’est le constat d’« une jointure immémoriale[2] » du langage et du corps. C’est de l’Unerkannt de la résonance d’une « basse continu » comme le dit Jacques de Bourbon Busset qui accompagne toutes les mélodies des moments où on répondra à la rencontre d’une invitation. C’est le moment où l’on s’expose, où on est à nouveau à découvert. Après coup je ne peux qu’en sourire comme le prouve cette mise en scène introductive un peu sarcastique.
Le souffle s’il n’est pas un concept analytique est par contre un signifiant maitre de la culture asiatique. D’où l’importance pour Lacan de cette rencontre dans les années 70 avec Cheng qui ne peut que lui rappeler cette autre dans sa jeunesse durant la guerre avec son « bon maitre Demieville » spécialiste du chan. C’est lui qui lui a fait découvrir Lin-Tsi,Tchouang tseu et lire le « Miroir spirituel »[3]. Il faut se rappeler qu’il avait, le 13 juin 45 réussi son examen pour accéder au grade de diplômé de l’École des Langues orientales avec la note de 14/20. Or il se trouve que c’est dans ces années avec Cheng, en 1972 que Demieville fait une nouvelle édition des Entretiens de Lin-Tsi qu’il avait édité en 1947. Du coup on comprend cette remarque de Lacan déjà en 1971 « Je me suis aperçu d’une chose, c’est que peut-être, je ne suis lacanien que parce jʼai fait du chinois autrefois. [4]» Et c’est sans doute du fait que le réel est du chinois au sens d’une écriture poétique qui manie puissamment l’équivoque.   
Il est temps de passer au plan des idées qui me sont venues. La première. L’annonciation chrétienne qui peut servir de référence à l’impact que produit le surgissement d’une invitation. 

  1. Au joint le plus intime de l’Annonciation

          Ce que je viens de dire n’est pas sans faire écho au travail qui avait été fait dix ans avant les Variétés de l’humeur lors du   Conciliabule d’Angers en 1996, et qui avait pour titre Effet de surprise dans les psychoses. JAM avait pris pour titre de son Ouverture « De la surprise à l’énigme » et pour la clôture, « Vide et certitude » où il avait pris pour référence l’Annonciation chrétienne [5]
          Il s’agissait de bien dire le littorale de jouissance produit par l’impact originaire sur le corps du malentendu traumatique-troumatique, transclinique de « l’annonciation » des paroles de ceux qui nous ont accueillis et rendus insidieusement visite en nous venant à l’esprit. C’est l’instant de « voir » et de sentir ce joint du sentiment de la vie avant que le temps de comprendre par des paroles va l’effacer. Cet instant ne donne pas une identité, un sexe. C’est l’impact de la jouissance comme telle.
          De ce point de vue l’Annonciation et le cri de Munch sont les deux faces qui font signe du joint au plus intime du sentiment de la vie. Soit l’Autre vient percuter le souffle soit le souffle par son cri fait appel à l’Autre. C’est le moment où le « souffle devient signe » pour reprendre le titre d’un livre de Cheng sur lequel nous reviendront 
Reprenons donc l’annonciation.
L’irruption intrusive [6] de l’ange qui s’adresse à Marie accompagné par la colombe du St esprit et la figure cachée de Dieu sont illustrés dans différentes peintures. Cette irruption produit des effets qui vont de l’effroi au consentement.  
L’important est de distinguer deux temps marqués par deux questions. La première question du premier temps c’est : qu’est-ce que c’est ? Que suis-je ? C’est l’énigme de la jouissance. Puis dans le deuxième temps c’est la transformation de cette énigme en question du désir de l’Autre : Que veux-tu ? Qui suis-je ?   En répondant « je suis la servante du seigneur », son consentement calme et masque le temps précédent.

Reprenons la démonstration de JAM. Le vide énigmatique de la signification issu de cette rencontre contingente de la présence de l’Ange introduit, pas sans angoisse, d’abord une coupure, une éclipse du symbolique et l’imaginaire constitutif du sens. Le Que suis-je de ce vide énigmatique de la jouissance se transforme en Qui suis-je et produit une suite de métamorphoses. Il se transforme en certitude de la demande de l’Autre, puis, en certitude du manque dans l’Autre qui devient un trou qui aspire et transforme celui ou celle qui a été choisi dans cette rencontre en objet qui doit combler ce manque de l’autre.  Et donc au final. « Que suis-je donc ? Quel petit a suis-je là pour lui, si c’est à moi de le satisfaire ? Et c’est là que je deviens énigmatique à moi-même. Je suis moi-même ce signifiant énigmatique » L’angoisse vient bien du « sentiment qui surgit de ce soupçon qui nous vient de nous réduire à notre corps.[7] » 
          Ce qui est primordial, c’est l’instance d’un signifiant corrélée à un vide énigmatique de la signification. Cette zone d’intersection, au joint donc le plus intime entre énigme et sens est là où les variétés de l’humeur se forment. D’où deux mouvements possibles : soit du côté de l’ex-sitence [8]  soit du côté du sens. Du côté de l’ex-sistence c’est la rencontre contingente pas sans angoisse d’un corps pulsionnel, d’une pulsion acéphale comme « l’écho dans le corps du fait qu’il y a un dire [9]». De l’Autre c’est une construction secondaire celle d’une élucubration, d’une intentionnalité pour ne rien vouloir savoir et ne rien vouloir éprouver de ce trou. 
          Au final JAM revient sur l’objet a que l’on est finalement à l’issu de cette rencontre.  Je soulignerais l’équivoque et la complexité de cette lettre a qui écrit le littoral de l’éprouvé. Elle est d’une part la première lettre de l’alphabet, mais aussi une lettre pour inscrire la négation. Cette lettre est donc un Janus, un joint, qui inscrit les variations de l’humeur. Elle inscrit le vide énigme et le recouvre comme dans le fantasme en étant bouche trou de la castration et du manque dans l’Autre.  Cette lettre a est associée à une flèche qui dit le sens mais comporte aussi trois dimensions : A du symbolique, i(a) de l’imaginaire et a de l’objet pulsionnel. Par la suite ce a sera au centre du nœud. comme trou « certes complexe et tourbillonnaire ».
          Pour finir rappelons que dans le Séminaire I, Lacan faisait déjà la distinction[10] dans le langage entre signe et signifiant par la distinction entre nomen et verbum. Nomen implique l’accord, le pacte, la reconnaissance. Verbum était par sa dimension phonétique[11] le souffle qui frappe l’oreille. Le Verbe a donc une dimension matérielle en « congruence[12] » avec le réel soit avec le sentiment de la vie. Le Verbe se fait donc bien chair. Lacan jouera d’ailleurs sur le terme de « motérialité » pour se faire entendre. Il avait déjà dit, dans Radiophonie en 1970, que la langue est un organe qui s’incorpore. « Le premier corps fait le second de s’y incorporer »[13].  
          Revenons-en maintenant au souffle avec le témoignage d’un AE.  Avançons jusqu’à dire que ce lien, entre le souffle et le réel de ce joint au plus intime, a fini en occident par être plus Unerkannt qu’en Asie. Et c’est sans doute par la rencontre dans sa jeunesse avec son bon Maitre Demievelle » qui lui fera entendre par l’enseignement de Lin Tsi et Tcouang-tsue cette référence primordiale du souffle pour le parlêtre.

II. Le témoignage d’un Analyste de l’École : Mauricio Tarrab[14]

          Il avait pu grâce à l’achat du livre de Cheng « Le souffle devient signe » réveiller un souvenir qui précipita la construction de la logique du fantasme.  Remarquons d’abord que le titre de son témoignage d’AE n’est pas tout à fait le même que celui de Cheng. C’est « Et le souffle s’est fait signe ». Le nuance du « se faire » indique en effet le pulsionnel, la boucle d’un retournement qui comme on va le voir est un concept également important en chine. Pour Tarrab, le souffle est le signe d’une jouissance qu’il a pu transformer. 
          En effet son père, dans son enfance, a failli mourir d’une maladie pulmonaire. Pour récupérer l’usage de ses poumons, il devait gonfler de son souffle la chambre à air d’un ballon de football.  Tarrab était donc le souffle qui faisait défaut au Père. Respirer, souffler dans le trou de l’Autre était la matrice du fantasme qu’il a pu construire.
          Rappelons en effet que le fantasme n’est pas de l’ordre d’une remémoration. C’est de l’ordre d’une construction logique qui permet de formuler l’axiome qui soutient les formations symptomatiques du sujet. La fonction du fantasme est de masquer la rencontre du réel redouté, celui non rapport sexuel. D’où la traversée du fantasme comme on dit est marquée, comme le souligne Lacan par des affects « plutôt maniaco-dépressif [15]». Soit. Mais ce moment n’est pourtant pas encore à la « jointure immémoriale » du sentiment de la vie comme on va le voir.
          Il va falloir à Tarrab la rencontre de l’imprévu d’une dernière séance d’analyse qui condense comme souvent toutes les autres[16].  Cette dernière séance vient après trois années où il a pu pourtant mettre à l’épreuve une certitude subjective acquise. Il fait partie d’un cartel de la passe et ne se précipite pas immédiatement dans la procédure de la passe. Or la perspective de la mise en présence prochaine des corps, le sien et celui de son psychanalyste, va réactiver les symptômes d’une suffocation d’un manque d’air et de l’angoisse. Il a du coup le sentiment accablant que ça ne se terminera donc jamais : répétition sans fin, analyse infinie.  Le fantasme, qu’il avait pourtant construit dans sa cure, se réveille à nouveau du seul fait d’avoir à parler, d’avoir donc un corps et son souffle. Le sujet est donc activé, divisé par l’objet voix mis dans l’Autre. L’inconscient transférentiel réactive la construction de son fantasme : être le souffle de l’Autre, du père ou du psychanalyste en place de père.
          Mais dans la salle d’attente, il lui vient cette réflexion « Si j’étouffe c’est que l’air peut me manquer à moi, c’est alors me retrouver hors du régime d’être le souffle de l’Autre ». Il en parle d’entrée à l’analyste qui lui répond. « Et alors, quoi d’autres ? » La séance est courte. Surpris, ils se séparent en riant. Pas de rendez-vous à venir. C’est la fin de l’analyse. Il dira par la suite que ce moment n’était pas de l’ordre d’un retour du refoulé mais d’un « événement de corps qui devient -formule paradoxale- un phénomène élémentaire …qui ne peut pas s’interpréter mais se lire. » [17].
          Avant, dit-il, il ne voulait pas de pause, de coupure, de béance dans l’adresse à l’Autre. Il parlait à perdre haleine. Il pensait que l’Autre le voulait. En fait c’est lui qui se satisfaisait, se retenait à l’Autre pour le faire exister. Bon travailleur, homme prévenant. Du coup, après cet événement, lui et l’autre ne font plus, comme avant, un seul souffle, ni une seule voix.  « Il s’agit de ce qui reste, de l’envers de la trame, un intervalle dans la respiration, une pause, un silence, une inspiration. Ne pas se précipiter à combler le trou qui est dans l’Autre. Cela laisse ouverte une autre relation avec la contingence. » dit-il. Il est « un peu plus dépris de l’Autre, des autres, du partenaire ». Ce « un peu plus » indique que ce n’est pas de l’ordre de la guérison mais un repère pragmatique. Il parle d’une « disponibilité libidinale inconnue jusque-là ». Il prend la parole autrement et dira à la fin de son texte, reprenant le titre de Cheng, « le souffle devint signe… la réduction laisse un fonctionnement qui me fait constater, c’est ce que je peux dire pour l’instant, que je ne gonfle plus la baudruche du Nom du Père » fut elle l’École comme figure du père.
          Le titre du témoignage d’un autre AE, B. Porcheret [18]aborde aussi ce point : « Du cri au souffle ou l’addiction au sinthome ». Même si le cri produit le silence on reste encore dans ce joint à l’objet voix qui masque le trou dans l’Autre et soutient son existence. Du coup comme il le rappelle on oublie que « Le cri réquisitionne le souffle. Sans souffle, pas de cri. Sans souffle, pas de vie »
          Il s’agit donc bien comme nous le verrons avec Cheng et Lacan de revenir au souffle comme signe, « au joint le plus intime du sentiment de la vie » toujours trop rapidement pris comme intentionnel en versant vers l’appel d’un signifiant et au maintien de l’existence de l’Autre.  C’est donc bien la différence entre la passe par le fantasme qui est « une formation imaginaire de la pulsion[19] » produisant ces effets d’humeur dont on a parlé, avec l’outrepasse du sinthome[20] « production réelle de la pulsion » [21]. Pour donner une illustration de cette dernière on pourrait peut-être en trouver déjà le témoignage dans ces propose de Lacan en 1967. « Chacun sait que je suis gai, gamin même on dit : je m’amuse…. C’est vrai.  Je ne me suis pas triste. Ou plutôt exactement, je n’ai qu’une seule tristesse, dans ce qui m’a été tracé de carrière, c’est qu’il y a de moins en moins de personnes à qui je puisse dire les raisons de ma gaieté, quand j’en ai[22]». « J’ai toujours 5 ans » dans Libération en 2001.
C’est donc le moment d’aborder, et ceci grâce à Lacan, ce que la chine et le Japon nous apprennent quant au souffle pour nous orienter en psychanalyse.

  1. Le souffle comme joint le plus intime du sentiment de la vie
  2. Cheng : le souffle médian
  1. Son livre : « Le souffle se fait signe »

C’est un livre de ses calligraphies. La calligraphie comme discipline fut une ascèse qui lui a sauvé la vie, dit-il. Il rappelle d’une part que pour un Chinois le « papier est un espace vital [23]» et que l’écriture n’est pas qu’un « support de la langue parlée [24]». « Un trait n’est pas une simple ligne, il dit, il est l’incarnation même du Souffle [25]». L’homme et l’univers procède du même principe. C’est une création, transformation continue nommée Tao : la Voie. Ce Tao engendre l’UN du souffle primordial qui engendre le deux lui-même engendrant le trois. L’essentiel est un système ternaire fait de la combinaison des Souffles vitaux, dans l’ordre, Yin-Yang et d’un troisième appelé vide médian né des deux qui permettent à ces deux de se dépasser.[26] Ce vide médian n’est donc pas un manque mais la poussée d’un souffle créateur à l’œuvre dans toutes les choses qui les fait sans cesse en devenir[27]. D’où l’importance dans les peintures chinoises « montagne et eau [28]», comme chez Shitao, de la fluidité de l’eau qui nait entre les deux. L’eau du fleuve s’évapore dans le ciel en nuage, figuration du vide médian, et retombe en pluie sur la montagne en alimentant les sources des cascades qui vont retourner alimenter les eaux du fleuve. C’est le retournement, le mouvement circulaire itératif où s’opère cette transformation permanente.
          Insistons encore sur le fait que cette écriture calligraphique n’est pas celle d’un sujet mais d’un corps parlant, du rapport corporel de cette écriture avec le souffle.  « Le souffle part du diaphragme pour aller jusqu’à la main puis jusqu’à la pointe du pinceau en passant par l’épaule, le bras, la pointe le poignet… en réalité, tout se joue à partir des pieds : lorsque la partie inférieure du corps est ferme, la partie supérieure est libérée. La respiration accompagne alors le trait de bout en bout [29]»  et ceci « dans un « abandon confiant. »[30].C’est d’ailleurs sa dernière phrase. « L’abandon au Souffle est une longue patience : plus je vieillis, plus je me sens prêt à vivre. [31]».
Cet abandon dans l’expiration, dans l’équivoque, le japonais pour écrire respiration le fait entendre en écrivant d’abord l’idéogramme de l’expiration puis celui de l’inspiration.

  • « Le livre du vide médian » 

          Après ses calligraphies, « Le livre du vide médian »[32], 8 ans après, témoigne de son souffle poétique. Il insiste à nouveau sur l’« entre deux »[33] , « l’interstice [34], » les « jointures intervalles [35] » d’où se produit le « surgissement », le « jaillissement » créateur « inattendu [36] » du « souffle inouï …pur souffle du oui [37]».  
          Cheng rappelle à ce moment ce que fut l’expérience de J. Boehme mystique rhénan du XVII siècle [38]. Cette référence est surprenante car elle nous rappelle que Lacan fit, en 1929, en référence à J. Boehme qu’il lisait à cette époque, un sonnet intitulé « Hiatus irrationalis ». Or dans le Séminaire I on trouve un écho discret à cette référence du fait qu’il commente un distique d’Angelius Silesius qui était disciple de J.Boehme.
Pour finir, on pourrait rapprocher de ce ternaire taoïste, non seulement la formule du joint au plus intime du sentiment de la vie mais aussi de ce terme d’extimité qui s’entend dans la formulation de St Augustin « dieu plus intime que l’intime de moi-même [39]»

2) Lacan, Cheng, Millot.

On peut déjà commencer à entendre quelque chose de ces références avec ce dont C. Millot fut le témoin : une pratique de l’immobilité.
« L’après-midi, il s’installait dans l’atelier, assis à la grande table à tréteaux qui faisait face à la baie vitrée. Il y restait des heures, dans une immobilité complète, à l’exception des mouvements de sa main sur la page. Cette immobilité m’impressionnait beaucoup… Ajoutée à son silence, elle instaurait dans la maison comme un vide central autour duquel nous gravitions. » [40]«  C’était comme avoir un roc à ses côtés. Si Lacan en mouvement, Lacan le bélier, était impressionnant, le Lacan immobile l’était tout autant. C’était une immobilité totale, inébranlable, l’autre face du caractère décidé de son rapport au monde. » [41]
De quoi s’agit-il ?
Cette présence immobile (Socrate) est son savoir y faire [42] avec ce vide médian au joint le plus intime du sentiment de la vie qui est entre le vide et le bélier. C’est sa pratique de la coupure, comme dans la séance où « le corps est dans l’affaire »[43].
          En fait Lacan pouvait le faire entendre, avec les mêmes détails qu’indique C. Millot et ceci en 1966, avant sa conférence à Baltimor [44] Il aurait demandé qu’on déplace une table dans sa chambre d’hôtel et qu’on l’installe devant la fenêtre pour qu’il puisse préparer sa conférence. Il avait donc besoin de ce temps d’une assise immobile avec une table devant le cadre d’une fenêtre. Il se soutenait de la présence de ce vide, de ce trou que constitue le cadre de la fenêtre « que nous constituons nous même en ouvrant les yeux » comme le commente JAM pour observer attentivement le bélier pensant qui allait parler lors de sa conférence. « L’inconscient, dit-il, c’est une pensée avec des mots, avec des pensées qui échappent à votre vigilance, avec votre état d’attention » Et d’ajouter. « La question de la vigilance est importante. C’est comme si un démon jouait à un jeu avec votre attention. » Il y a donc bien un vide médian entre cette immobilité attentive et ces pensées où il peut comme le formule JAM « se reconnaitre comme sujet de la pulsion » et voir ce dont il jouit « en faisant le tour dans un sempiternel échec ». D’un côté ce trou vide qu’il est mais aussi de l’autre côté cette boucle pulsionnelle du sujet qu’il est où il jouit par l’objet a mis dans l’Autre. Et de conclure. « L’inconscient, c’est Baltimor au petit matin ».
           Cheng avait d’ailleurs repéré cette pratique du vide médian chez Lacan.  « Il ne négligeait jamais de traquer, ce qui était entre les mots, entre les lignes. »[45] Il soulignait ce détail qui nous ramène au souffle.  « Près de lui, je ressentais physiquement la puissance de son cerveau, transformé en une machine à penser qui tournait à plein régime vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Je connaissais aussi de lui, ponctuant ses cogitations, cette suite de soupirs plaintifs qui venait de temps à autre, telle une soupape de sûreté, atténuer un tant soit peu la tension qui l’habitait ».[46]  Sa voix dit il était, » ponctuée de soupirs. [47]
          C’est ce que Lacan à nouveau fait entendre. Il rappelait en effet qu’il avait « comme discipline de ne jamais répéter la même chose »[48]. Et il mettait cette discipline en lien avec le souffle. « Pour autant que je pourrai soutenir ce souffle, je vais essayer de vous dire quelques mots.[49]».
Comment soutenir son souffle ? Par cette pratique. C’est au moment de se quitter avec Cheng 1977 avec qui il a eu de longs entretiens qu’il en donne les précieux repères. Il s’adresse à lui qui a vécu l’exil. Vous saurez, dit-il « transformer ces ruptures en Vide-médian agissant et relier votre présent à votre passé, l’Occident à l’Orient. Vous serez enfin – vous l’êtes déjà, je le sais – dans votre temps ». Et d’ajouter ces précisions. « Voyez-vous, notre métier est de démontrer l’impossibilité de vivre, …Vous qui avez la sagesse de comprendre que le Vide est Souffle et que le Souffle est Métamorphose, vous n’aurez de cesse que vous n’ayez donné libre cours au Souffle qui vous reste… » [50]
          Si c’est à partir de ruptures, cassures [51] que le vide médian se constitue, il faut donc repartir des formes (morphé) dans lesquelles elles se sont produites.  Ces formes ne sont jamais que métamorphoses c’est-à-dire des formations temporelles venues après coup (méta) du vide qui est souffle. Il faut donc, sans cesse, pour soutenir et reprendre son souffle retourner à ce vide qui est souffle pour ne pas trop s’endormir dans les bras de Morphée en se faisant un film et se croyant en forme. Autrement dit « Qu’on dise » une forme, « reste oublié » même effacé « derrière ce qui se dit dans ce qui s’entend [52]»  du vide qui est le souffle soutenant le corps parlant.
Soit mais s’il avait comme discipline « de ne jamais répéter la même chose » il s’est pourtant souvent obstiné à faire entendre répétitivement ce point sans doute parce que c’était quelque chose qui ne passait pas et ne passe peut-être toujours pas.
          C’est sa rencontre avec Cheng dans les années 70 et son deuxième voyage au Japon [53] en 1971 qui le poussera à reformuler cette orientation, lui en donner une nouvelle forme, à partir de la pensée sino-japonaise. Soutenir le souffle implique en effet que quelque chose le porte, le tient par en dessous. Or c’est un classique de la pensée chinoise qu’on a déjà entendu avec Cheng lorsqu’il parlait de la calligraphie : «   tout se joue à partir des pieds ». Lacan, suite à ses études chinoises, ne pouvait pas ignorer cette formule de Tchouang Tseu « L’homme véritable respire avec ses talons, l’homme ordinaire respire avec sa gorge » [54]. On est bien sûr à côté de nos pompes, on perd pied. On a la tête dans les nuages et on a l’impression que l’Autre nous pompe l’air. Lacan tentera donc à nouveau de se faire entendre avec des énonciations assez énigmatiques : cette fois ci aux pieds.
          En 1974 il disait. « On s’imagine que la « pensée se tient dans la cervelle … je suis sûr …que ça se tient dans les peauciers du front comme les hérissons » Et d’ajouter. « Si vous pouvez penser avec les peauciers du front, vous pouvez aussi penser avec les pieds  [55]».
          Le 22 octobre 1975 à Genève « Les femmes ont inventé le langage…avec le serpent, elles parlent -c’est-à-dire avec le phallus…d’autant plus que qu’alors pour elles, c’est hétéro… » En effet, « le phallocentrisme est la meilleure garantie de la femme… La Vierge Marie avec son pied sur la tête du serpent, cela veut dire qu’elle s’en soutient [56]»  Si le refus de la féminité pour les deux sexes était pour Freud la butée caractérisant une analyse infinie, mettre au contraire son pied sur le phallus, qui n’est pas mettre son pied sur le signifiant d’un manque mais sur un manque de signifiant [57], donc d’un trou, d’un vide serait donc un soutien à la féminité et une issue de la cure.
En effet, comme la science est un discours qui se veut universel il faut que la psychanalyse soit un « poumon artificiel »[58] pour soutenir la singularité du souffle créateur de chacun et rendre notre vie respirable.
          Il insiste à nouveau 2 mois après 2 décembre 1975 [59]. « Nous croyons penser avec notre cerveau. Moi, je pense avec mes pieds, c’est là seulement que je rencontre quelque chose de dur ; parfois, je pense avec les peauciers du front, quand je me cogne. » Le trou dans le symbolique est donc bien le réel contre quoi la tête se cogne, fait perdre pied et coupe le souffle.
          Et le 11 mai 1976 ces derniers mots du Séminaire XXIII qui peuvent tenir lieu de conclusion « On pense contre un signifiant. C’est le sens que j’ai donné au mot l’appensée. On s’appuie contre un signifiant pour penser [60]».
Penser contre, c’est être attentif à un signifiant représentant un sujet pour un autre signifiant. C’est donc être contre, attentivement tout contre le démon du sujet divisé pour pouvoir reprendre le souffle créateur de l’appensée.
           Nous retrouvons donc notre distinction initiale entre d’un côté la certitude et le vide énigmatique du Que suis-je, avec l’appui ou l’assise où on pense avec ses pieds et de l’autre les métamorphoses propres au Qui suis-je, celle des peauciers du front, du démon qui prend la tête et s’agite à l’occasion de tous les Baltimor du moment. 
          En effet, comme on l’a dit, il y a eu l’intrusion de ce « milieu foncièrement Autre [61] » qu’est l’air que nous avons respiré à notre naissance. Mais il y a eu aussi cet événement de corps où ce corps respirant a été impacté par l’intrusion hors sens de la résonance de « l’air » qu’on nous a joué. Il a à ce moment incorporé la façon dont lui « a été instillé un mode de parler […] marque du mode sous lequel les parents l’ont accepté [62]». C’est par le ressenti de cet impact originel hors sens, vide, de l’UN du souffle primordial qu’un dire se métamorphosera itérativement dans des dits.   
          La vie est donc faite de ce mouvement itératif ou se joue en permanence naissance d’une forme et son abandon, sa mort pour la création d’une suivante. Ce n’est donc pas seulement une question d’insatisfaction, de manque de sens. Ce lien permanent entre vie et le mort Lacan, le faisait déjà bien entendre en 1960 en distinguant deux types de mort : « celle que porte la vie », de « celle qui la porte [63] ». Nous retrouvons l’indication de l’écriture japonaise de la respiration. Ce n’est qu’au bout d’une profonde « expiration » dans l’équivoque que peut jaillir la forme d’une nouvelle inspiration. Ajoutons pour finir cette remarque sarcastique de Lacan, rapprochant l’expiration de l’analité : « La parole s’apparie à l’excrément.[64] » au point que « la névrose de transfert…vous réduit à chasser le patient en le priant d’aller doucement pour emmener ses mouches [65]. » !!!

Conclusion

Il y a 2 écritures pour soutenir cette voie du souffle : l’une celle de Lacan par la topologie des nœuds l’autre par une formulation logique de JAM.
          Il indiquait en effet explicitement que cette voie du nœud était une topologie de la respiration. Lors de la séance du 15 décembre 1965 de son séminaire L’objet de la psychanalyse il se référait au tracé d’un cercle vide fait par un moine bouddhiste zen. Il signalait non seulement que cette calligraphie du cercle était en rapport avec une pratique de la respiration mais faisait un rapprochement avec sa topologie comme respiration. « Si nous continuons à croire, dur comme fer, à nos trois dimensions dans lesquelles en effet nous avons bien des raisons de leur marquer de l’attachement, c’est parce que c’est là que nous respirons [66] ».
          Lacan appelle sa voie des nœuds, cette écriture nodale, sa « flottaison [67]».« Je tiens à çà (imaginaire, symbolique, réel) comme on tient à trois petites cordes, qui sont les seuls qui me permettent ma flottaison »[68] La « flottaison » de cette Nef des fous que nous sommes, comporte en effet une ligne de flottaison distinguant deux jouissances émergées, celle du sens et celle phallique d’une autre immergée : une Jouissance Autre. Cette jouissance Autre, dite aussi Jouissance comme telle est celle de la jouissance féminine hors symbolique, donc appensée qui soutient la flottaison de tout corps embarqué dans le langage. Cette flottaison est donc bien en référence à la question de la « féminité » qui passe par l’ilot phallique avant de s’en passer. D’où cette formulation percutante de Lacan « On flotte de l’îlot phallique à ce qu’on s’y retranche de ce qui s’en retranche [69] ». Et pourquoi pas celle moins chinoisée de Lao Tseu. « Connais la masculinité, mais préfère la féminité : tu seras le ravin du monde. » [70]
          L’écriture logique de JAM [71]rend lisible cette voie du souffle en distinguant l’hénologie et l’ontologie. Par son cercle « médian », équivoque entre un trou vide et le zéro, cercle et non poinçon comme pour le fantasme, il rend lisible le joint entre d’un côté le vide comme souffle et les formes essoufflées de l’autre. La double barre en dessous du cercle évoque la coupure, le hiatus toujours à rappeler entre les deux. A mettre ce schéma à la verticale on retrouve la flottaison.
          Ces deux écritures rendent lisible la pragmatique d’une « sagesse sinthomale [72] » qui permet de se débrouiller avec les dimensions toujours embrouillées de ce corps-là [73].
          Fin du voyage et de ce qui m’est venu à l’esprit pour répondre à votre invitation. Mais juste avant de reprendre à nouveau mon souffle, je tiens encore à dire merci à l’agence François Bony qui m’a permis d’observer toutes ces constructions.


[1] Lacan J., « D’une question préliminaire à tout traitement possible de la psychose » Écrit, Paris, Le seuil, 1966, p. 558
[2] Lacan, Jacques, « Réponse au commentaire de Jean Hyppolite », Écrits, Paris, Seuil, 1966, p. 392.
[3] N. Charraud Lacan et le bouddhisme chan. LCD n° 79 p. 125    Lacan Ecrits p. 188  1966
[4] Le 20 janvier 1971, Lacan livre XVIII D’un discours qui ne serait pas du semblant, Paris, Seuil, 2007, p. 36.
[5] Le Conciliabule d’Angers Effet de surprise dans les psychoses 1997 Agalma le Seuil pp. 230
[6] Lacan, Jacques, Le Séminaire, livre X, L’angoisse, Paris, Seuil, 2004, p. 378.
[7] La troisième page 40
[8]  JAM LCD n° 50  L’ex-sistence p. 14 2001
[9] Lacan J., Le Séminaire, livre XXIII, Le Sinthome, texte établi par J.-A. Miller, Paris, Seuil, 2005, p. 17.
[10] Lacan J. Le Séminaire livre I, Les écrits techniques de Freud, Seuil, 1975, p. 281
[11] Lacan Seminaire I p. 308
[12] Lacan Séminaire XXIV Ornicar n° 12/ 13 p. 17
[13] Lacan J. « Radiophonie » Scilicet n° 2/3 p. 61
[14] Tarrab M., « Et le souffle s’est fait signe », La cause freudienne, n°64, Navarin 2006, p. 127
[15] Lacan Étourdit Autres Écrits p. 487 et « position dépressive » proposition du 9 oct Autres Écrits p. 255 ou encore « l’enthousiasme » note italienne Autres écrits p. 309.
[16] Tarrab M.. « Et le souffle s’est fait signe », La cause freudienne, n° 64, Navarin 2006, p.134-35
[17] Tarrab Interprétation p. 189 dans Les psychoses ordinaires et les autres sous transfert Collection rue huysmans 2018
[18] Porcheret B LCD 88 p. 79 « Du cri au souffle ou l’addiction au sinthome », La Cause du désir, n°88, octobre 2014, p. 74-79,
[19] JAM L’être et l’Un 6 avril 
[20] Religion, psychanalyse Jacques-Alain MillerUn effort de poésie, Orientation lacanienne III, 5, leçons des 14 et 21 mai 2003, soit les première et deuxième de la partie intitulée « Religion, psychanalyse ». Texte et notes établis par Catherine Bonningue.
[21] JAM L’être et l’Un 6 avril 
[22] Lacan J., « Allocution sur les psychoses de l’enfant », Autres écrits, Paris, Seuil, 2001, p. 363. 1
[23] P. 8
[24] P. 8
[25] P.20
[26] P. 56
[27] P. 66
[28] François Cheng Et le souffle devient signe L’iconoclaste Paris 2001   P. 78, 84
[29] François Cheng Et le souffle devient signe L’iconoclaste Paris 2001 p. 5 P. 21-22
[30] P. 35
[31] P. 125
[32] F. Cheng Le livre du vde médian Albin Michel 2009
[33] P. 16, 19, 21
[34] P. 17, 24, 41
[35] P. 84
[36] P. 81
[37] P. 121
[38] F. Cheng Le livre du vde médian Albin Michel 2009 p. 16
[39] Confession Livre III p. 53, 3,6, 11« Tu autem eras interior intimo meo »
[40] La vie avec Lacan » Catherine Millot
[41]  « La vie avec Lacan »Catherine Millot p. 25
[42] Lacan Ornicar n12/ 13 p. 7 Q 77 r
[43] JAM LCD n° 91 p. 103
[44]  Lacan J., « De la structure comme immixtion d’une altérité préalable à un sujet quelconque. Conférence à Baltimore, 1966 », La Cause du désir, n°94, septembre 2016, p. 10.
[45] François Cheng LCD N° 79 p. 36 sq Le sourire de Lacan
[46] Cheng LCD n° 79
[47] Âne n° 48 octobre novembre 1991 J. Miller
[48] Lacan Mon enseignement. P.15 1967 Lyon Vinatier
[49] Lacan J., Je parle aux murs, Paris, Seuil, 2005, p.9 4 nov 1971
[50]  François Cheng et Jacques Lacan L’Âne n° 4 – février-mars 1982
[51] Lacan Mon enseignement. P. 120 1967 Lyon Vinatier
[52] Lacan l’étourdit p. 449 Autres écrits 1973
[53] Charraud N. n° 79 Lacan et le bouddhisme chan ; 1° en mai 1963 p
[54] Tchouang Tseu, Hermès n° 4, Tch’an Zen, 1985, p. 356
[55] La 3° p. 13 nov 1974
[56] Lacan Conférence à Genève sur le symptôme LCD 95 p. 22 octobre 1975
[57] Ménard A., Le symptôme p. 130 Champ social 2016
[58] Lacan J., « Le jouir de l’être parlant s’articule » La cause freudienne n° 101, p. 13 1973
[59] Lacan J., « Conférences et entretiens dans les universités nord-américaines », Massachusetts Institut of technologie Scilicet, n° 6 / 7, Seuil, 1976, p. 60
[60] Lacan  S XXIII p. 155 
[61] Lacan, Jacques, Le Séminaire, livre X, L’angoisse, Paris, Seuil, 2004, p. 378.
[62] Lacan, Jacques, « Conférence à Genève sur le symptôme », La Cause du désir, n° 95, Virilités, Paris, Navarin éditeur, avril 2017, p. 12.
[63] Lacan subversion du sujet et dialectique du désir p. 810
[64]  Lacan J., Le séminaire, Livre VI, Le désir et son interprétation, Paris, Seuil, 2013, p. 454, et Le Séminaire, Livre X, L’angoisse, p. 346.
Miller J-A., LQ n° 457 Le secret de Charlie 15 janvier 2015.
[65] Lacan 1958 « la direction de la cure et les principes de son pouvoir » Écrits page 627
[66] Mon enseignement p. 128 
[67] [14] Lacan J., Le Séminaire, livre XIII, L’objet de la psychanalyse, leçon du 15 décembre 1965, inédit.
[68] Lacan le triomphe de la religion p. 101  
[69] Lacan, Jacques, « L’étourdit », Autres Écrits, Paris, Seuil, 2001, p. 468.
[70] Le saint chinois LCD n° 68 p. 49 Nathalie Charraud
[71] JAM L’un est lettre LCD 107 p. 19
[72] JAM S XXIII p. 243
[73] Lacan Ornicar n12/ 13 p. 7 Q 77

Le Cercle XII
Notre invitée : Carolina Koretzky
Thème : Témoignage d’une analyse de l’ECF
6 juin 2025

Articles :
– Partir/Arrivées. La Cause du Désir n°116
– Construire l’objet, et s’en détacher.  Quarto n°139 

Travaux du CERCLE :

Isabelle BEZARD FRAGIACOMO : « Je suis ça ».
Sylvie DAGNINO : Démontrer par la passe l’éprouvé d’une certitude.
Lisiane GIRARD : Une fin d’analyse mise à l’épreuve du dire
Elsa LAMBERTY : De la fin un début
Nicole MAGALLON : La faute du névrosé
Bruno MIANI : De la gloutonnerie de la parole au vide fécond
Olivier NIEL :  Carolina Koretzky passe un Gap.
Martine REVEL : À la fin, qu’on puisse rire !

Lire les textes

Le Cercle XI
Notre invitée : Adriana Campos
Thème : Le surmoi
16 mai 2025

Livre:
« Ce que commande le surmoi. Impératifs et sacrifices au XXI° siècle ».
Articles :
« Le surmoi et le père » Atelier clinique du Fort -da : « Le père en question »
« Jouis comme Dieu le veut » Ornicar n° 57,
« Extraire un corps étranger » Mental n° 50
« Le surmoi, un allié de l’analyste ». LCD n° 118.

Travaux du CERCLE :
Isabelle BEZARD FRAGIACOMO : En pensées, en paroles, par action et par omission
Sylvie DAGNINO : Adolescence : « Tristesse ordinaire » ou « Jouis » ?
Maryse GIRARD: Sur ce bord
Lisiane GIRARD : D’une énonciation à l’autre
Elsa LAMBERTY : La marque du Surmoi, pour le meilleur et pour le pire
Nicole MAGALLON : Le surmoi, le désir et l’Autre
Françoise MARY : Le surmoi et la fin de l ‘analyse
Bruno MIANI : Les occurrences du surmoi
Tereza MONTAGNIER JEZKOVA : De la tristesse ordinaire à un travail passionnant
Olivier NIEL : Le surmoi, entre évidence et concept ?
Julie POITEVIN : Surmoi et jouissance féminine
Martine REVEL : La place d’où se vocifère que l’univers est un défaut dans la pureté du Non-être
Vanessa VILANOVA : Le surmoi comme vecteur clinique ?

Lire les textes

Le Cercle 2024
Notre invité : Hervé Castanet
Thème : Livre « Neurologie versus psychanalyse »
2024

Travaux du CERCLE :

Nelly BROISSIN : L’ornière
Sylvie DAGNINO : Science versus vulgarisation

Lire les textes

Le Cercle 2024
Notre invité : François Bony
Thème : Autisme
16 février 2024

Travaux du CERCLE :

Sylvie DAGNINO : Equivoques
Elsa LAMBERTY : « Creuser le trou »
Bruno MIANI : Du grain de sable à la lettre
Martine REVEL : Consentement ou nécessité ?

Lire les textes

Le Cercle 2023
Notre invité : Yves Depelsenaire
Thème : Livre « Un musée imaginaire Lacanien »
13 janvier 2023

Travaux du CERCLE :

Bruno MIANI : Ce trou d’où des choses s’échappent
Sylvie DAGNINO : Absent
Brigitte BENGUERINE : Du voile au rideau ou de l’absence au trou
Maryse GIRARD : Ça me regarde
Nathalie HOLLANDE : La peinture, un geste amoureux
Martine REVEL : Des chérubins désabusés
Isabelle FRAGIACOMO :  Respirer par la photo
Jacques RUFF :  L’art nous éveille à ce que nous ne voulons pas savoir

Lire les textes

Le Cercle 2021-2022
Notre invité : Guy Poblome
Thème : Trois articles de Guy Poblome
2021-2022

Travaux du CERCLE :

Jacques RUFF : Se faire celui qui convient à l’autre pour qu’il puisse avoir un corps
Claude VAN QUYNH : Urgence
Maryse GIRARD : Se faire partenaire, pouvoir être inventif : ça vivifie !!
Martine REVEL : L’objet et le circuit
Elsa LAMBERTY : Pratique d’une présence pas-toute avec l’autiste
Isabelle FRAGIACOMO : Orienter le travail clinique en pédopsychiatrie
Sylvie DAGNINO :  Se destituer du savoir

Lire les textes