CEREDA. 21 janvier – Marseille – Boutchou

Par Véronica Sosa-Yegge – La 1ère partie de notre réunion du 3 décembre 2019, a été consacrée au retour fait par Françoise Biasotto de l’assemblée générale annuelle du CEREDA tenue lors des journées de l’ECF, les 16 et 17 novembre à Paris.

Dans la deuxième partie de la réunion nous avons travaillé sur la vignette clinique d’Amina, présentée par Lolita Lilamand. Elle l’a suivie en tant qu’orthophoniste. Elle lui était adressée par l’école pour « un retard de langage ». Amina avait 3 ans et elle ne parlait pas, mais jargonnait beaucoup. Elle connaissait des mots en anglais qu’elle avait appris toute seule en visionnant des vidéos. Cette petite fille était très attachée à l’image de la princesse, par ses tenues vestimentaires et le soin mis dans sa présentation par sa mère : coiffure, accessoires, robes… Dans le cours du travail, Amina a commencé à parler jusqu’à énoncer un « Je ». Elle affirme ses positions et “elle ne se laisse plus traiter comme une poupée par sa mère”.

A travers ce cas nous abordons la question de la sexuation. Elle semble investir les semblants de la fille à travers l’identification à la princesse. Peut-on considérer qu’elle s’est rangée côté fille et qu’elle rentrée dans le discours commun ? Nous revenons sur le texte de D. Roy : « Quatre perspectives sur la différence sexuelle »:

« Lacan part d’un constat : « l’on n’attend pas du tout la phase phallique pour distinguer une petite fille d’un petit garçon, déjà bien avant ils ne sont pas du tout pareils. Là on s’émerveille ». Il y a bien une différence, mais elle n’est pas «sexuelle», car si différence sexuelle il y avait, elle établirait en effet un rapport entre les deux sexes, un rapport de différence. Cette soi-disant « différence » répond au fait réel qu’«à l’âge adulte, il est du destin des êtres parlants de se répartir entre hommes et femmes ». C’est une répartition, non pas anatomique, mais de pur semblant : « ce qui définit l’homme, c’est son rapport à la femme et inversement »16. En tant que nommés « homme » ou « femme », ils n’ont pas d’autre existence que signifiante. Ce sont les semblants par excellence. Et c’est en tant que tels qu’ils s’abordent, comme l’exploitent si bien les sites de rencontre. »[1]

Elle tourne autour de cette représentation de l’image de la princesse. Peut-on considérer son identification à la princesse comme un prémisse à la question : « suis-je une fille ou un garçon? » À la fin du travail, Amira met son père en place de Prince dans son jeu.

Lors de la prochaine réunion de Boutchou le mardi 21 janvier 2019 à 20 h 30, pour continuer à travailler autour de la Sexuation, nous relirons Les théories sexuelles infantiles de Freud.[2] Quentin Meynaud fera une lecture de ce texte et Marion Gouvernet présentera une vignette clinique.

[1] ROY, Daniel : « Quatre perspectives sur la différence sexuelle  », http://institut-enfant.fr/2019/05/02/quatre-perspectives-sur-la-difference-sexuelle/

[2] FREUD Sigmund, « Les théories sexuelles infantiles » in La vie sexuelle, PUF, 2009

ContactFrançoise Biasotto, responsable groupe  Boutchou : frbiasotto@orange.fr

Image en Une:  photographe Humphrey Spender,1937-38

 



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