SC 2015 – L’élucidation des pratiques cliniques

Le clinicien est toujours jugé sur sa pratique. Il a beau savoir manier les concepts ou déplier ses références, l’heure de vérité est au pied du lit du malade. La clinique est son heure de vérité.

Studio Droog, S1ngletown, the world of contemporary singles (Venise, 2008).

Droog studio, S1ngletown, the world of contemporary singles (Venise, 2008).

Le module « Élucidations des pratiques cliniques » a une double orientation :

1 > Repérer ce que le clinicien (psychiatre, psychologue ou autre de formation) rencontre dans la clinique souvent sous la forme d’un insupportable : un réel surgit avec ses effets d’angoisse ; le cas suivi n’entre pas dans les cases de la nosographie et donc interroge la pertinence du savoir ; l’effet thérapeutique n’est pas au rendez-vous ; le risque de passage à l’acte augmente avec la prise en charge ; le transfert devient envahissant ou, a contrario, semble faire défaut ; etc. Le clinicien est démuni, ne sait plus comment faire. Il perd ses repères, son savoir et son savoir y faire.

2 > Construire le cas. Le terme construire peut heurter. Ne faudrait-il pas au contraire prendre la parole du sujet comme elle vient, s’y immerger sans retenue, voir d’abord pour savoir ensuite. Cela se dit encore ici ou là : construire le cas serait une distance théorique, une mise à l’écart, une rationalisation voire une intellectualisation. Seul l’empirisme clinique serait la conduite juste. Cette orientation se révèle fausse et même dangereuse. La psychanalyse démontre que chaque concept a ses conséquences cliniques et que chaque action, voire acte, clinique fait référence à un concept, même si le clinicien l’ignore. Ne pas déplier son orientation, refuser de construire le cas, c’est faire de la somme de ses propres préjugés, soit de sa connerie privée (sic), la boussole clinique ! Construire le cas n’est pas le réduire à une illustration d’une clinique universelle. C’est repérer, au contraire, comment chacun se débrouille avec le réel de la jouissance qu’il rencontre lorsque, dans la psychose, le Nom-du-Père fait défaut et lorsque la signification à tout faire, issue de l’Œdipe – la signification phallique – s’avère inopérante. La construction du cas s’oppose à l’errance clinique. Seule cette orientation assure une prise en charge digne de ce nom.

Tel est l’enjeu de ce module. La construction du cas ne s’apprend pas comme une règle à réciter, d’où la nécessité d’y travailler en s’adressant à des cliniciens plus aguerris. Chaque cas présenté fera l’objet d’un travail suivi avec les enseignants. Il sera ensuite exposé devant le  groupe des participants et discuté pendant l’atelier. Cette présentation se faisant à partir du volontariat des participants…

Hervé Castanet

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