SC 2026. Marseille – 7 mars – Matinée clinique #1 – Invité : Pierre Malengreau

Cette première Matinée clinique de la Section clinique d’Aix-Marseille 2026 sera divisée en deux dialogues. Lors du 1er dialogue, Pamela King, Psychanalyste (Marseille), membre de la NLS et de l’AMP interviendra à partir de son livre « Lacan et l’American way of life ». Le second dialogue fera intervenir Pierre Malengreau, Psychanalyste (Bruxelles), membre de l’ECF et de l’AMP à partir de son livre « L’interprétation à l’œuvre ». Matinée en visioconférence, présidée par Hervé Castanet, coordonnateur de la Section clinique d’Aix-Marseille. Cette matinée clinique fait partie intégrante des enseignements auxquels vous êtes déjà inscrits de la Section clinique en présentiel, des Enseignements cliniques du mardi en visio, des CIP d’Aix en Provence et de l’Antenne clinique de Gap. Aucune inscription n’est nécessaire. Vous recevrez le lien pour le webinaire. (Détails ci-dessous)

Infos pratiques :

Date : Samedi 7 mars de 10h à 12h30
Renseignements : uforca2026.am@gmail.com
Interface : Zoom

Présentation du livre de Pamela King :

Le courant de l’ego psychology se proposa, durant les années 1940-1965 aux USA, de reformuler les acquis de Freud et de fonder une nouvelle psychanalyse dégagée du pessimisme du maître viennois. Comment trouver les fondements d’une psychanalyse qui puisse s’adapter à la réalité contemporaine ? C’est cette visée adaptative que la clinique américaine prit comme boussole dans les cures. Les thèses fortes d’Anna Freud, notamment celles de son livre Le Moi et les mécanismes de défense (1936), ont servi de socle épistémologique pour créer l’ego psycholoy. Lacan n’y voit que déviations et compromissions. Le développement extraordinaire de cette orientation aux Etats-Unis – dû au trio new-yorkais : Hartmann, Kris, Lowenstein – explique pourquoi l’oeuvre de Lacan a cette difficulté pour trouver une place dans la clinique analytique américaine. Interroger l’ego psychology est une question politique sur la clinique actuelle aux Etats-Unis : pourquoi fallait-il donc que ce soit cette psychanalyse-là que les Américains adoptent ?

Présentation des livres de Pierre Malengreau :

Il y a des mots qui portent, et d’autres pas. C’est un fait clinique. Il n’est pas sûr cependant que les effets réels de la parole dans une psychanalyse dépendent du sens. A quelle réson faut-il alors recourir pour aborder le réel ?, se demande Jacques Lacan. L’appui que Francis Ponge prend sur la matérialité des mots dans son écriture poétique apporte quelque réponse. C’est particulièrement sensible dans ses écrits sur l’art.
Ponge fait résonner dans la langue les natures mortes de Chardin, les hautes pâtes Fautrier, les collages de Braque, le trait de Giacometti et le nom de Picasso. La notion d’interprétation est au coeur du dispositif analytique, avant même que l’on sache qui interprète, voire même ce qui interprète. La prise en compte du réel dans l’expérience analytique impose une révision de cette notion. Faire résonner autre chose que le sens devient déterminant.
Le corps-à-corps de Ponge avec les mots se présente à cet égard pour la psychanalyse comme une opportunité à saisir.

Il y a dans la parole analysante une forme d’inertie et de polarisation qui se répète et que l’expérience d’une psychanalyse rend incandescente. Il est alors légitime de se demander s’il est possible d’y introduire du nouveau. La référence que Lacan fait à Francis Ponge éclaire ce que serait un nouvel usage des mots, un usage qui permettrait de rejoindre de temps en temps ce qu’il y a de réel, d’insensé et d’ininterprétable dans toute parole. Ponge, dans un texte qui s’intitule « Hélion », aborde cette question en faisant entrer son lecteur dans l’atelier du peintre Jean Hélion. Tout est fait dans ce texte pour suggérer une œuvre dont le mode d’engendrement passe par une mise en cause permanente de la figuration. Ponge ne décrit pas les tableaux d’Hélion, il les écrit. Il fait passer dans la langue l’indécidable qui les habite. Il introduit dans le sens que nous leur donnons un « je-ne-sais-pas-quoi » qui le transperce.



Catégories :Le Blog SC, Non classé, Section clinique, Session 2026

En savoir plus sur Psychanalyse en Méditerranée-Alpes-Provence

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture