A l’occasion d’une exposition Albert Ayme, la galerie Zemma propose une conférence d’Hervé Castanet, professeur des Universités, et psychanalyste à Marseille. Ami d’Albert Ayme, ils ont entretenu une correspondance. Il interviendra sous le titre : « Albert Ayme, le poème plastique, le temps ».
Infos pratiques :
Date : Samedi 7 mars à 18h30
Renseignements et inscriptions : 06 74 89 02 54
Adresse : Galerie Zemma, 40 rue Sainte à Marseille
Argument :
Dans un texte, rédigé en 1962-1963, « Itinéraire plastique. Approche d’un langage spécifique », A.A. revient sur les questions posées dans son « Esquisse ». Il y a une objection – et combien de fois ne l’a-t-on ressortie à notre artiste ! – : une telle conception de la pratique picturale exclut la surprise, l’invention. À se réduire à la pure rationalité de la structure, elle est répétition morte. La référence au langage (linguistique) et à la musique, déjà, laissait entendre la position d’A.A. Est-ce que la structure du langage et les règles de la langue excluent l’innovation et donc la poésie ?
Non évidemment. Est-ce que le système des notes et de la composition musicale (réglée) prohibe la création du musicien ? La réponse s’impose dans son évidence. Dans son « avant-propos », A.A. revient sur cette référence au langage comme paradigme de la structure. Citant Mallarmé, notre artiste définit l’art comme « Le Langage » ajoutant : « plutôt qu’une autonomie inscrite, une autonomie qui transcende ». Surgit le temps comme catégorie active dans la peinture et la théorisation d’A.A. « superposition transparente (intangibilité et simultanéité perceptibles d’états successifs) où l’occupation d’un même lieu en des moments différents caractérise le temps ». Cette référence au temps, présente donc dès les premières élaborations théoriques de ce début des années soixante, n’est pas annexe. Elle est la construction du concept clef de l’oeuvre d’A.A. Le temps (inséparable du hasard, de l’irrationnel, du poème, etc.) est ce concept qui n’est plus exclu par la peinture, mais qui, au contraire, en constitue le pivot. La peinture n’est ni immobile ni intemporelle. Elle est mouvement et temporalité. Dans l’article sur « Les aquarelles monochromatiques » de 1962, A.A. parlera ainsi de « l’intervalle pictural sans antécédent dans les arts plastiques » dont il fait un « invariant constitutif du langage […] dont les pulsations engendrent la dynamique de l’œuvre ». L’intervalle pictural annonce la conceptualisation de la temporalité en peinture.
Par ce concept de temps, ainsi isolé, A.A. a trouvé l’outil théorique, via la pratique de la superposition transparente (et non opaque comme l’histoire de la peinture l’a réalisée), qui donnera à son œuvre son véritable départ pour conquérir l’autonomie structurale du champ pictural. Nous tirerons quelques fils de ces affirmations.
Hervé Castanet, Professeur des Universités, Psychanalyste à Marseille.

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