CEREDA. 3 avril – Gap – Un bon petit diable

Dans le texte « La gourmandise du surmoi ou l’impératif de jouissance » extrait de Le malentendu de l’enfant (2003), étudié en février, Philippe Lacadée à la suite de Lacan nous avait mis sur la piste d’un surmoi héritier du ça plus que de l’Œdipe, tout en faisant valoir un effacement de cette différence à partir de ce qu’avance Lacan (Séminaire XX, p. 10) « le surmoi, c’est l’impératif de jouissance – Jouis ! ».

Avec le texte de Freud Malaise dans la civilisation (1929), étudié en mars, la question du surmoi est apparue dans sa dimension d’introjection secondaire (dans la névrose) d’un « stade originel de la conscience morale » constitué par l’angoisse devant la perte d’amour. Celle-ci pousse à « renoncer à aux satisfactions pulsionnelles », alors que l’angoisse devant le surmoi « pousse en outre à la punition ». Ce « besoin de punition est une manifestation pulsionnelle du moi qui est devenu masochiste sous l’influence du surmoi sadique ». Ainsi, la pulsion peut se satisfaire.

Freud écrit dans ce même texte que « si une tendance pulsionnelle succombe au refoulement, ses éléments libidinaux sont transposés en symptômes, ses composantes agressives en sentiment de culpabilité ». S’en dégage la question suivante : comment entamer la jouissance quand il n’y a pas cette introjection dans le surmoi pour freiner les « pulsions d’agression » d’une façon compatible avec la satisfaction pulsionnelle, quand c’est la pulsion de mort elle-même qui se satisfait ? « La violence c’est la satisfaction de la pulsion de mort » dit Miller dans notre texte d’orientation Enfants violents.

Pour prolonger notre recherche autour de l’articulation de la jouissance et du surmoi, nous étudierons les pages 81 à 86 du Séminaire, livre VII, L’éthique de la psychanalyse (1959-60), où Lacan reprend les termes de « conscience morale » et « surmoi » du Malaise dans la civilisation de Freud. Il les met en tension avec la loi fondamentale de l’interdit de l’inceste, qui « règle la distance du sujet au Das Ding, pour autant que cette distance est justement la condition de la parole » (p84). Ce texte nous permettra aussi de revenir sur la complexité de la double articulation de signifiant et d’objet que contient l’impératif du surmoi, ce que nous avions déjà aperçu dans le texte de Philippe Lacadée.

Après ce temps de travail théorique, notre séquence clinique sera consacrée au cas clinique d’un jeune garçon rencontré dans le cadre d’une mesure d’investigation ordonnée par le Juge des enfants, proposé par Marie Jamois, psychologue clinicienne.

Isabelle Fragiacomo

Prochaine réunion
Mardi 3 avril 2018 à 19h15 (accueil à partir de 19h).
Contact : Isabelle Fragiacomo, ceredabonpetitdiable@free.fr



Catégories :Groupes CEREDA

%d blogueurs aiment cette page :