Cereda. 1er mars – Marseille – Boutchou

Le groupe Boutchou continue le travail de recherche « en direction de l’adolescence » ainsi que l’indiquait Jacques-Alain Miller lors de la dernière journée de l’Institut de l’Enfant.

Deux questions ont orienté la recherche du groupe lors de la séance de travail précédente :
– La question du temps en lien avec le point soulevé par J.-A. Miller : la procrastination.
– La question du narcissisme au cœur des enjeux actuels de la clinique (cf. Laurent Dupont in rapport d’activités Novembre 2015.
Alain Revel nous a présenté quelques points du texte de J.-A. Miller : « Introduction à l’érotique du temps[1] » afin d’effectuer une mise en tension de la question du temps avec celle de l’adolescence.
« L’érotique de l’espace, nous la connaissons déjà. L’érotique de l’espace déjoue la métrique spatiale, elle perturbe les relations de distance. Ainsi l’objet proche, l’objet métriquement proche, à distance d’un mètre, deux mètres, trois mètres, devient, par exemple, le plus éloigné, devient l’objet inaccessible. Si on y réfléchit, c’est le principe même de l’Oedipe. Les personnages proches de la famille deviennent des personnages inaccessibles du point de vue libidinal.[2]»
Le but de l’adolescence c’est la rencontre avec l’Autre sexe, cela ne veut pas dire que la rencontre effective signe la fin du processus de l’adolescence. C’est la question de l’autre comme objet a dont il s’agit. On passe de l’autoérotisme à un autre comme objet a et dans un second temps, l’autre est instauré en position de Autre, par exemple, en position de mari.
Freud et Lacan parlent du déclin de l’Œdipe concernant la sortie de l’adolescence ce qui implique que le sujet va se tourner vers un objet extérieur à la famille, même s’il y a des points de fixation. Il n’y a pas une fin de l’Œdipe.
Au moment de l’adolescence, le sujet ne peut plus se voir dans l’insouciance de l’enfance. L’adolescence n’est-il pas le moment où les fantasmes de jouissance se forment?
La sortie de l’adolescence serait le moment où le sujet se range avec l’autre même si ce n’est pas fabuleux, le sujet accepte de renoncer au partenaire idéal, il se bricole un partenaire et s’en arrange.
Marie-Luce Lelièvre a commencé à présenter la question du moi-idéal et de l’Idéal du Moi à partir notamment du schéma optique dans les chapitres IX, X et XI du séminaire I de Lacan.[3]
Dans le narcissisme, on passerait du moi au moi-idéal, puis du moi-idéal à l’idéal du moi. Une libido du moi se transformerait en libido d’objet avec un retrait possible de la libido sur le moi. Lacan propose des temps logiques dans la structuration du moi plutôt que des étapes de développement.
Le moi idéal renvoie à l’image alors que l’Idéal du moi se construit en passant par l’Autre.

Françoise Biasotto

[1] Jacques-Alain Miller, «Introduction à l’érotique du temps», in la Cause freudienne, Nouvelle revue de psychanalyse, n°56, mars 2004, p. 63-85.
[2] Jacques-Alain Miller, «Introduction à l’érotique du temps», op. cit., p. 63.
[3] Jacques Lacan, Le Séminaire, Livre I : « Les écrits techniques de Freud», Seuil, 1975, p. 125-163.

Prochaine réunion
Mardi 1er mars, 20h30.

M-L. Lelièvre continuera sa lecture du Chapitre IX, X, XI, in  Le  Séminaire, Les écrits techniques de Freud, livre I, concernant plus précisément le commentaire par Lacan de « Pour introduire le narcissisme » de Freud.
F. Biasotto présentera la fin de l’adolescence d’A. Gide à partir de deux textes : J.-A. Miller, « L’orientation lacanienne : Sur le Gide de Lacan », publié dans La Cause freudienne n° 25, 1993, et A. Gide, « Si le grain ne meurt », Folio.
Nous travaillerons aussi autour du texte d’A. Stevens: « L’adolescence, symptôme de la puberté », publié dans Les feuillets du Courtil n°15, mars 1998.

 

 



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