En ce mois de novembre 2024, quatrième session du séminaire de recherche Philosophie et Psychanalyse qui a lieu à Aix-en-Provence, celui-ci à pour objet « Crise(s), rupture(s), reste : ce que le langage fait lorsqu’il défait ». Nicole Colin, Professeure d’études germaniques à Aix-Marseille Université, invitée lors de cette quatrième séquence interviendra sur le thème « Discours et propagande, sur l’usage de la langue dans les dictatures : LTI (Lingua Tertii Imperii) de Victor Klemperer. ». La conversation sera discutée par Nicolas Boileau, Hervé Castanet et Dominique Maraninchi. ( voir modalités ci-dessous)
Infos pratiques :
Prochaine séance : Jeudi 7 novembre 2024 de 18h30 à 20h15
au Musée Bibliothèque Paul-Arbaud 2a rue du 4 septembre à Aix-en-Provence
Renseignements et inscriptions : crises.ruptures.reste@gmail.com
Entrée libre : inscription préalable par mail
Argument :
C’est en raison de ses origines juives que Victor Klemperer (1881-1960), philologue allemand et spécialiste de littérature française du XVIIIe siècle, perd sa chaire à l’université de Dresde en 1935.
Malgré les conditions de vie de plus en plus hostiles sous le régime nazi, il parvient à survivre grâce à son épouse non juive. Durant cette sombre période, il fixe ses observations sur les changements dramatiques du quotidien dans son journal intime. En tant que philologue, il est particulièrement frappé par la modification et la manipulation de la langue sous le « Troisième Reich », et analyse minutieusement ces évolutions.
Après la fin de la guerre, Klemperer publie en 1946 cette œuvre majeure qu’est LTI (Lingua Tertii Imperii). Il y démontre les stratégies linguistiques perfides du national-socialisme. Ses observations illustrent la manière dont le langage peut subtilement mais profondément influencer la pensée et l’action des hommes.
Nous nous pencherons sur les analyses de Klemperer et discuterons de la manière dont le langage est utilisé, hier comme aujourd’hui, pour propager les idéologies et la haine. Quelles leçons pouvons-nous tirer de l’œuvre de Klemperer face à la poussée inquiétante des mouvements extrémistes et populistes et à l’augmentation des discours haineux et des théories du complot, notamment sur les réseaux sociaux ?
L’examen de ces questions pourrait-il nous aider à identifier les mécanismes qui se
cachent derrière cette contamination insidieuse du langage et à les contrer ?
Victor Klemperer, LTI, la langue du Troisième Reich. Carnets d’un philologue, traduit et annoté par Elisabeth Guillot, Paris, 1996 (2002).
Victor Klemperer, Mes soldats de papiers, journal 1933-1941, et Je veux témoigner jusqu’au bout,
journal de 1942-1945, deux volumes, traduit(s) par Ghislain Riccardi, Michèle Kiintz-Tailleur et Jean
Tailleur, Paris, 2000.
Frédéric Joly, La langue confisquée. Lire Victor Klemperer aujourd’hui. Paris 2019.

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