CEREDA. 5 janvier – Marseille – Boutchou

La prochaine réunion du groupe Boutchou du CEREDA à Marseille aura lieu mardi 5 janvier à 20h30 en visioconférence. Présentation du chapitre VII du livre « Maryse devient une petite fille » par Sophie Bernardin et du chapitre VIII par Veronica Sosa-Yegge. Présentation d’une vignette clinique issue de sa pratique par Lolita Lilamand.

Compte-rendu de la rencontre Cereda du groupe Boutchou du 8 décembre 2020, par Quentin Meynaud:

Dans la présentation du chapitre 5 de « Maryse devient une petite fille[1] » par Françoise Biasotto, nous voyons les effets sur Maryse de la rencontre avec Robert, enfant psychotique. R. Lefort distingue le transfert massif de Robert envers elle, de l’ambivalence que Maryse lui témoigne. Elle interprète à Maryse cette jalousie envers Robert. Maryse exprime son agressivité à travers l’utilisation du sable qui est un représentant de l’objet anal à la différence du signifiant « caca ». Maryse ne peut plus se saisir du biberon suite au trauma du sevrage dans le réel.  . Elle peut par contre interagir avec R. Lefort par l’intermédiaire de la poupée, déployant alors une activité symbolique et des glissements métonymiques. Les séances ont lieu dans le réfectoire, au milieu des autres enfants, où Maryse  entraîne R. Lefort. Maryse se sert du signifiant des autres enfants pour dire « je veux pas » : « pou-la ca-la-la ». Les séances suivantes montrent comment l’objet est alors arrimé au manque, au (-φ), et comment Maryse n’est plus toute livrée à la pulsion anale. Sa réaction distanciée lors d’une tentative d’automutilation de Robert sur son pénis, renforce l’hypothèse que la castration symbolique a bien eu lieu pour Maryse. Elle joue, avec R. Lefort, à le confronter au manque, quand Robert a, lui, à faire avec le vide.

Le chapitre 6, présenté par notre invitée du groupe Emma de Laval : Claire Lec’hvien, nous indique comment la demande, le désir de l’Autre, deviennent pour Maryse une question. Maryse peut supporter la béance de la porte qu’elle laisse ouverte dans le réfectoire, ce qui ne fait pas vide pour elle, mais ce qui désorganise complètement Robert. On peut faire l’hypothèse qu’en cherchant à infliger son propre manque à Robert, elle témoigne d’un positionnement subjectif hystérique. Maryse cherche à « faire enrager » R. Lefort : elle cherche à décompléter l’Autre. Quand R. Lefort se présente à Maryse avec un objet, un lapin, celui-ci semble prendre valeur d’objet transitionnel et permettre de traiter la séparation. La haine que Maryse adresse à R. Lefort est l’envers de ce que l’on pourrait lire comme de l’amour de transfert. La voix est le repère de la présence de l’Autre, elle est l’objet du désir. Maryse apparaît alors lorsqu’elle entend la voix de R. Lefort. Elle se civilise et peut jouer avec Robert alors que celui-ci avait tenté de l’étrangler. Elle comble R. Lefort d’objets qui ont une valeur d’insignes phalliques, ce qui montre qu’elle la considère comme manquante. Un transfert d’ordre analytique est donc en place.

Dans sa vignette à propos du petit Alvin, rencontré dans le cadre de visites médiatisées, Benoît Guttadauro nous montre comment cet enfant qui initialement ne parle pas se met à interpeller l’Autre par des « oui » interrogatifs. Ce « oui » ne renvoie pas à une signification mais à la voix et donc à la vérification de la présence de l’Autre et témoigne d’une identification au père qui ponctue ses phrases de la même manière. Ce père est dans un souci de transmission auprès de ses enfants, ce qui produit des effets sur l’accès d’Alvin aux apprentissages.

[1] Lefort R. et R., Maryse devient une petite fille, Psychanalyse d’une enfant de 26 mois, Paris, Seuil, Champ freudien, 1995.

Infos pratiques: Mardi 5 janvier 2021 à 20h30 par Zoom

Contact : Françoise Biasotto, frbiasotto@orange.fr, 06 09 64 55 98



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