CEREDA. 22 mai – Marseille – Boutchou

Compte rendu de la réunion du groupe CEREDA Boutchou du 24 avril 2018.

Le travail a mis en perspective un début de lecture du cas de Marie-Françoise ou l’autisme dans le livre de Rosine et Robert Lefort, La Naissance de l’Autre. Éditions du Seuil, 1980 avec le texte de Jacques -Alain Miller « Enfants violents » qui introduit à la prochaine Journée d’étude de l’Institut psychanalytique de l’Enfant en Mars 2019.
Deux lectures : l’une de Françoise Biasotto et l’autre d’Alain Revel – à lire ci-dessous – ont introduit à ce thème montrant toute l’actualité du travail de Rosine et Robert Lefort.
Lors de la séance du mardi 22 mai 2018 nous mettrons en parallèle une lecture croisée du chapitre 2 du cas Marie-Françoise avec la reprise de ce cas dans « La distinction de l’autisme » Edition du Seuil, 2003de Rosine et Robert Lefort
Pierre Falicon.

Contact : ceredaboutchou@orange.fr

La violence chez Marie-Françoise
Par Alain Revel

A la suite du travail de Françoise Biasotto je n’aborderai ici que la question de la violence dans l’extrait du cas de Marie-Françoise.

Dans leur livre La distinction de l’autisme[1] Rosine et Robert Lefort font même de la violence un « caractère fondamental de l’autiste concernant son rapport au monde extérieur et à l’autre»[2]. « Cette dominante de la destruction/autodestruction est la base de la relation avec le monde extérieur, auquel il reste complètement étranger et qui constitue pour lui une menace d’intrusion intolérable »[3].

La violence que manifeste Marie Françoise révèle une relation marquée par la destruction, le musculaire et pas par le regard. Le regard suppose une perte, une distance dans le scopique ce que Marie Françoise n’a pas.

Rosine Lefort signale qu’elle vient mettre ses yeux au contact des siens.A d’autres moments le regard de Marie Françoise regard erre, il est comme mort signale t-elle en début.

Dans la scène de l’assiette de riz « ses yeux sont exorbités par la fascination »[4], mais c’est le musculaire par le tremblement du corps qui viendra au premier plan, la bouche est ouverte sur un cri qui ne sort pas. L’angoisse est très vite présente.

L’objet est réel et ne peut s’articuler dans une demande. Son surgissement nécessite une destruction.

« Ce qui n’est pas là c’est l’ambivalence. Il est vrai que sa fascination est toute entière centrée sur un objet qui, s’il est oral dans son apparence, est bien plus un objet réel scopique »[5].

Rosine Lefort compare alors avec Nadia dont le pulsionnel destructeur est contre balancé par l’amour qu’elle porte à l’Autre qu’elle est, et donc implique l’objet (a).

Peut on parler de pulsion chez Marie Françoise ? Non si on se réfère à la définition que J. Lacan en donne dans le séminaire XI : «  Ce qui est fondamental, au niveau de chaque pulsion, c’est l’aller et retour où elle se structure, … nulle part de ce parcourt ne peut être séparée de son aller-et-retour, de sa réversion fondamentale, du caractère circulaire du parcours de la pulsion [6]».

Faute de source et de but, reste donc la poussée et l’objet réel est au premier plan.

[1] Lefort R. et R., La distinction de l’autisme, Paris, Seuil, 2003.

[2] Ibid., p. 13.

[3] Ibid., p. 14.

[4] Lefort R. et R., La naissance de l’Autre, Paris, Seuil, 2003, p. 273.

[5] Ibid., p 274.

[6] Lacan J. , Le séminaire Livre XI, Les quatre concepts fondamentaux, Paris, Seuil, 1973, p 162.



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