Après avoir fait une lecture détaillée et attentive du séminaire de Jacques Lacan Le transfert, l’atelier de lecture de l’ACF à Aix en Provence va se consacrer à la lecture du séminaire XI, Les quatre concepts fondamentaux , séminaire tournant dans l’enseignement de J. Lacan, premier séminaire publié à la demande de celui-ci par Jacques-Alain Miller.
L’atelier est animé et coordonné par Vanessa Delaizir, Jérôme Elina, Alain Revel, Véronique Villiers et Nicole Guey en est l’extime.
Argument et détails ci-dessous
Inscriptions : atelierdelecture.aix.acf@gmail.com
Infos pratiques:
Dates: Mercredis 15 octobre – 19 novembre – 17 décembre 2025 et 4 février – 11 mars – 8 avril – 20 mai 2026.
Horaires : 20 h 00 – 21 h 30.
Lieu: MJC Prévert, 24 rue de la République 13100, Aix-en-Provence
PAF: Adhésion obligatoire à la MJC 15 €
Renseignements: 06 24 23 29 69
Atelier de lecture ACF à Aix en Provence sur le Livre XI, Les quatre concepts fondamentaux de J. Lacan.
Notre prochaine soirée de travail sera le mercredi 8 avril, à 20 h MJC J. Prévert 24 bd de la République Aix en Provence.
Elle portera sur le chapitre VII.
Le mercredi 11 a eu lieu une soirée de travail consacrée à la lecture du chapitre VI du livre XI. Ce chapitre nous introduit à la partie du séminaire consacrée au regard. Alain Revel est intervenu avec une lecture intitulée « Introduction au regard. »
Le terme de schize est repris de la séance précédente pour préciser que cette Schize, n’est que le représentant d’une schize plus profonde « entre ce qui réfère le sujet dans la machinerie du rêve, l’image de l’enfant qui s’approche, le regard plein de reproche et, d’autre part, ce qui le cause et en quoi il choit, invocation, voix de l’enfant, sollicitation du regard- Père ne vois-tu pas … »[1]. Bien que Lacan ne s’y réfère pas il nous est apparu important de lire un texte de Freud : « Un trouble de mémoire sur l’Acropole »[2].
Ce texte nous introduit à la question du champ perceptif. Ici le trouble de Freud nous amène au regard, en l’occurrence le regard du père et la castration c’est-à-dire ce qui dans ce champ vient s’immiscer. Au moment de voir, avec la satisfaction attendue de ce moment, le regard du père et le moins que cela introduit, la castration du père et celle de Freud vient percuter la perception.
Cela nous introduit aux conditions de la réalité perceptive et la place que prend le sujet du désir. Freud ici démontre cette présence qui vient trouer cette réalité perceptive.
Lacan se réfère et se démarque de Maurice Merleau-Ponty dans son abord de l’œil et du regard
J.A. Miller commente ainsi cette référence :
« Au regard s’attache toujours un affect de reproche. Cette dimension est absente de la phénoménologie de la perception de Maurice Merleau-Ponty, dont Jacques Lacan a pris son départ pour renouveler la notion de la pulsion scopique, et par là, de la pulsion en général. Au regard de l’Autre s’attache toujours une étrangeté. »[3]
Lacan l’exprime ainsi : « L’œil et le regard, telle est pour nous la schize dans laquelle se manifeste la pulsion au niveau du champ scopique[4]. »
Lacan dans cette distinction qu’il apporte entre l’œil et le regard isole une fonction, celle de la tache. Celle ci échappe à la satisfaction de la vision qui se satisfait elle-même comme se voyant se voir, comme conscience, elle renvoie au regard. « Nous sommes des êtres regardés, dans le spectacle du monde … mais sans qu’on nous montre » ajoute-t-il.[5]
Lacan introduit ce qu’il développera ensuite, que le regard est difficilement repérable. Si « nous sommes des êtres regardés dans le spectacle du monde », cela ne nous montre pas la tâche que nous sommes, si ce n’est dans le rêve. Ça montre mais notre position est « celui qui ne voit pas ».
[1] // P 68
[2] Freud S. « Un trouble de mémoire sur l’Acropole « Résultats, idées, problèmes », T II, Paris, PUF, 185
[3] // P 45
[4] // P 70
[5] // p 71
Séances précédentes :
L’atelier de lecture de l’ACF à Aix en Provence s’est réuni mercredi 12 novembre. Nous avons poursuivi la lecture du Séminaire XI, Les quatre concepts fondamentaux.
-Vanessa Delaizir fit un commentaire d’une partie du troisième chapitre. Lacan s’intéresse ici à l’inconscient. Il met en avant la soif de vérité qui anime Freud. « Quoi qu’il en soit il faut y aller -parce que cet inconscient se montre »[1]. Freud cherche les signes de l’inconscient dans ce qui cloche. Lacan va plus loin, Il fait valoir la structure temporelle, dans un temps logique d’ouverture et de fermeture de l’inconscient, apparition évanouissante.
Lacan montre que Freud n’est pas allé au bout de sa démarche tout pris dans sa mise en exergue de la fonction du père. Dans le cas Dora et de la jeune homosexuelle il n’a vu ce qui était en jeu : soutenir le désir du père.
-Jérôme Elina nous guida, dans sa lecture, à travers la complexité du début du chapitre IV
Lacan, du mot inconscient en allemand fait un witz : il substitue au in, négatif, le Un dans Un-bewusste. L’expérience de l’inconscient (fente) conduit à cet Un, mais la limite de l’Unbewusste c’est le concept de manque. Mais l’Un de la fente, de la coupure est du sujet. « L’inconscient se manifeste toujours comme ce qui vacille dans une coupure du sujet »[2], on peut avancer que l’inconscient n’est pas du sujet mais à la place du sujet, cette même place où se produit l’expérience cartésienne, sujet réduit en un point, fondement de la certitude. Mais la hardiesse de Freud est d’avancer qu’il y a des pensées dont il n’y a aucun moyen de rien savoir. Une homologie apparait entre Descartes et Freud. Descartes démontre un sujet réduit en un point, Freud démontre le sujet réduit à la coupure, mais les espaces sont incommensurables. Là où Descartes profère son Je suis, Freud s’adresse au sujet pour dire “Dans le champ du rêve tu es chez toi”[3]
Une discussion suivit chaque exposé et elle permit aux participants de faire part des points de difficultés et ainsi que des élargissements à partir de ce qui avait été abordé.
Notre prochaine soirée de travail sera le mercredi 17 décembre à 20 H à la MJC J. Prévert 29 bd de la république à Aix en Provence .
Nous consacrerons, à partir de deux exposés, la soirée à une lecture du paragraphe 3 du chapitre IV du séminaire XI, p. 48 à 51
Les quatre concepts fondamentaux de la psychanalyse, Séminaire de Jacques Lacan prononcé en 1964, représente un tournant. Depuis dix ans son enseignement était une relecture attentive et vive des concepts freudiens. Cette année-là, exclu de l’Association Internationale de Psychanalyse (IPA), il prend un nouveau départ. « Trouvant dans la crise moins l’occasion d’une synthèse que le devoir d’éclairer l’abrupt du réel que nous restaurions dans le champ légué par Freud à nos soins1 ».
Une subversion dans le sujet du savoir opère à partir d’une interrogation sur ce qu’il en est de la psychanalyse. D’une question qui va de : « La psychanalyse est-elle une science ? à « Qu’est-ce qu’une science qui inclut la psychanalyse ? ».
Lacan extrait de l’œuvre de Freud quatre concepts qui jouent dans cette subversion et les qualifie de fondamentaux :
L’inconscient structuré comme un langage est distingué de la conception de Freud en soulignant sa structure temporelle de battement, ouverture-fermeture.
La répétition entre tuché et automaton. La rencontre ratée s’isole comme rapport au réel, disjointe du transfert. Le transfert est défini « comme court-circuit donnant accès à la réalité sexuelle2 ». La pulsion est rapportée à ce qu’il désigne comme «topologie dite de bord3» jamais dégagée ainsi jusqu’alors.
Ces quatre concepts fondamentaux redéfinis cette année-là, Lacan les montre « noués par la topologie qui les soutient en une fonction commune4» – Une topologie dite de bord.
Avec cette lecture du Livre XI nous aborderons ce qui constitue le plus singulier de l’enseignement de Lacan.
Ce Séminaire, Les quatre concepts fondamentaux de la psychanalyse, a été le premier publié. Lacan fit expressément la demande à Jacques-Alain Miller, d’en établir le texte.1Lacan J., Le Séminaire, livre XI, Les quatre concepts fondamentaux (1964), texte établi par J.-A. Miller, Paris, Seuil, 1973, Quatrième de couverture.
2 JAM, Silet, 15 mars 1995, inédit.
3Op. Cit., Quatrième de couverture
4 Ibid.

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