CEREDA. 22 septembre- Marseille – Bout’chou

Prochaine séance du groupe  CEREDA Bout’chou jeudi 22 septembre 2022 à 21 h, en visioconférence.

Compte-rendu de la séance du 16 juin par Françoise Biasotto

Isabela Otechar Barbosa fait une présentation de la dernière partie du texte de Lacan : « L’agressivité en psychanalyse »(1).  Nous nous sommes arrêtés sur la dialectique du maître et de l’esclave de Hegel qui mobilise l’agressivité de part et d’autre. Est-ce que la machine va suppléer au savoir-faire de l’esclave et résoudre le conflit du maître et de l’esclave ? Le travail de l’esclave devient la valeur première par rapport à la tyrannie du maître. Le conflit de reconnaissance de l’un par l’autre permet de sortir de la théorie de la sélection naturelle de Darwin et de la conquête de l’espace. C’est l’agressivité intrinsèque à l’homme qui induit la dialectique du maître et de l’esclave. La spécificité de ce conflit maître et esclave, c’est la transformation de la nature par le travail, et un assujettissement de l’esclave par le maître. Chez les animaux, il n’y pas ce rapport d’assujettissement. Cette dialectique du maître et de l’esclave implique une dialectique du désir : le fort doit en passer par l’Autre pour être reconnu comme le maître. L’esclave s’aliène au maître pour ne pas perdre la vie.Cette dialectique induit un ordre social, un ordre symbolique : un rapport de domination. C’est l’ordre symbolique qui permet de sortir de l’ordre naturel des choses, des animaux. Il y a d’abord cette subordination à l’Autre et ensuite cette dialectique du désir. La violence et l’agressivité sont les moyens utilisés pour imposer la domination et la reconnaissance.L’individualisme de l’homme  isole de plus en plus les hommes les uns des autres et conduit à une diminution du Surmoi et de l’Idéal du moi qu’on avait dans les sociétés traditionnelles.

Dans la deuxième partie de la réunion, Quentin Meynaud a présenté une vignette issue de sa pratique clinique. Un garçon âgé de 10  ans a été diagnostiqué autiste Kanner. Il a pu présenter des moments d’agressivité importants. Il est écholalique et prononce quelques mots. Il mange de façon sélective et ne supporte aucune tâche sur ses vêtements car ce n’est plus le même vêtement. Il s’entoure de couverture et se met dans le noir. Les Legos ont un statut d’objet autistique qui lui sert à se faire un corps.

Il peut frapper l’autre et se frapper en même temps. Toute manifestation du désir de l’Autre pouvait déclencher l’agressivité. Un usage particulier et subtile de notre désir, de la voix fut nécessaire. L’équipe a orienté sa pratique en s’appuyant sur la notion de « doux forçage »(2) pour produire du nouveau. Jeter les Legos sur les voisins qu’il croise sur son chemin au retour de l’institution de soin, en rentrant chez lui serait une façon de distinguer le dedans du dehors. Il attend d’être dehors pour jeter les Legos. Il procède à une opération particulière du Fort-Da. Un changement d’objet se produit entre les Legos, les pierres et les papiers.  Est-ce qu’il ne fait pas lui-même l’objet qui disparaît quand il grimpe dans les arbres ? S’agit-il de travailler sur l’image du corps ou de traiter la pulsion pour lui permettre de s’apaiser ? Nous avons insisté sur l’importance du travail avec les parents car ils ont un savoir sur leur enfant. La mère ne peut se séparer de son enfant même pour des séjours de rupture, de répit.

(1) Lacan J., « L’agressivité en psychanalyse », Écrits, Seuil, Paris, 1966.

(2) Notion forgée par Antonio Di Ciaccia dans « la pratique à plusieurs » auprès de sujets autistes dans l’institution l’Antenne 110 en Belgique.

Date: jeudi 22 septembre 2022

Horaire: 21h

Renseignements: Françoise Biasotto, frbiasotto@orange.frTel: 06 09 64 55 98



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