CEREDA. 16 juin- Marseille – Bout’chou

Prochaine séance du groupe  CEREDA Bout’chou jeudi 16 juin 2022 à 21 h, en visioconférence. Au programme: présentation par Isabela Otechar-Barbosa de la thèse V du texte de Lacan « l’agressivité en psychanalyse ». Vignette clinique.

Compte-rendu de la séance du 4 mai par Quentin Meynaud

Nous avons poursuivi la lecture de la thèse IV du texte « L’agressivité en psychanalyse » de Jacques Lacan.

Dans cette deuxième partie, il est question de la construction des imagos primaires, du rôle et du destin de la libido chez l’infans, c’est-à-dire l’enfant avant qu’il ne parle. Nous nous sommes demandés si on peut dire d’un sujet qu’il est dépendant de ces imagos. Les premières images, la première représentation qui se forment originairement se constituent à partir du « kakon », c’est-à-dire d’un chaos primordial. C’est ainsi que débute la constitution du moi. C’est à distinguer du surmoi, qui se crée en parallèle, mais qui lui, vient de l’Autre : c’est le rapport à l’Autre qui lui donne sa direction (constitué des interdits). Ce n’est pas un filtre, c’est quelque chose qui fait obstruction. La cure est là pour desserrer les exigences du surmoi, pour le déconstruire. Le surmoi participe au refoulement, alors que la cure vise à ce que l’inconscient se manifeste. C’est ce qui serait du côté du principe de réalité, là où la libido serait plutôt du côté du principe de plaisir. A l’issue de l’Œdipe, l’idéal du moi est constitué. Il est question d’identifications secondaires. Le « moi » a à voir avec la subjectivité. Néanmoins, le « je pense donc je suis » ne définit pas le sujet comme désirant. Le « moi » ne se confond pas avec le « je », il renvoie à l’identité, ce dont une analyse tente de décaler le sujet. En restant du côté du « moi », on ne va pas plus loin que ce que le sujet dit être. Le « je » est plus du côté de l’inconscient, il y a de la dialectique. Entendre « je suis ça » renvoie au cœur des résistances d’un sujet. L’exemple de l’harmonie dans un couple, harmonie qui empêche l’agressivité, serait une forme de « leurre », car il s’agirait d’un savoir pré-établi que l’expérience vient mettre en question. Or pour le psychanalyste il n’y a justement pas de savoir pré-établi.

Nous avons poursuivi avec une vignette clinique dépliée par Lolita Lilamand. Il s’agit du cas d’un petit garçon de neuf ans, Lorenzo, reçu depuis ses sept ans. Il est né d’une mère jeune qui a fait un déni de grossesse et n’a pas été reconnu par son père. Il ne rentrait pas dans les apprentissages, et mordait les autres à l’école. Les première séances révèlent une angoisse de séparation importante et l’agressivité se manifeste lorsque Lorenzo frappe son petit frère présent en salle d’attente. Ce qui l’arrête sont les mots de sa mère qui le menace d’appeler et de faire venir son père. Nous avons fait l’hypothèse qu’il s’agit pour Lorenzo d’en appeler à l’instance du père pour organiser quelque chose de son propre chaos. Manifester cette agressivité en séance est déjà une mise au travail.

Date: jeudi 16 juin 2022

Horaire: 21h

Renseignements: Françoise Biasotto, frbiasotto@orange.frTel: 06 09 64 55 98



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