CEREDA. 19 janvier – Marseille – Boutchou

Prochaine réunion du groupe Boutchou du CEREDA à Marseille, , mercredi 19 janvier à 21h en visioconférence. Au programme:  Quentin Conclusion du livre de R. et R. Lefort  Maryse devient une petite fille  par Quentin Meynaud.  Présentation, par Benoit Guttadauro, de la thèse III du texte « L’agressivité en psychanalyse » de Lacan  et d’une vignette clinique en lien avec l’intention agressive et le morcellement du corps sera travaillée.

Compte-rendu de la réunion du 15 décembre 2021, par Sophie Bernardin

Claire Le’chvien a présenté le dernier chapitre du livre « Maryse devient une petite fille »[1]. Maryse arrive à la fin de son analyse qui aura duré un peu plus d’un an. Elle a pu accéder à la dimension de l’Autre et à la résolution du Penisneid (ou l’envie de pénis). Après l’inscription du manque dans le symbolique et de la castration, Maryse s’énonce maintenant comme fille. En accédant à la signification phallique elle peut montrer l’image d’une fillette en disant radieuse : « Petite fille comme Maryse ». L’objet (le phallus) n’est pas inclus dans l’Autre mais passe par l’Autre, même en tant que manque. Le mot vient alors présentifier l’objet en son absence. Le manque n’a pas d’image, et ne peut être représenté que par le signifiant. Le mot est le meurtre de la chose (Discours de Rome, Lacan,1953). C’est au moment où Maryse se qualifie de petite fille que son analyste réalise qu’elles sont à la fin  de l’analyse. Rosine y met un terme en lui parlant de leur séparation à venir. Aller vivre en famille d’accueil lui conviendrait plus que le traitement maintenant. Il ne s’agit pas d’un arrachement sans élaboration comme Maryse l’a vécu avec la perte de son Autre maternel. Cette fois, il s’agit d’une séparation en mots et consentie, elle prend une part active à cette séparation : « Au revoir, Rosine », « Maryse partie ». Maryse peur alors faire un don anal car le désir de l’Autre n’est plus vécu comme dangereux.

Au départ, elle se présentait comme objet chu de l’Autre avec notamment un fort strabisme. Sur une image, elle repère un personnage qui ne voit que d’« un œil » puis ajoute « maman partie ». Elle exprime alors la perte de sa mère qui jusqu’ici ne pouvait pas se dire, mais qui se présentifiait dans son corps par son strabisme. Quelque chose était perdu pour elle au niveau du regard de sa mère qui avait disparu. Quand elle symbolise cette perte, son symptôme cède. Le travail de la cure a permis à Maryse de dialectiser ce qui lui est arrivée initialement:  l’arrachement d’avec sa mère. Elle a rencontré l’Autre et a pu consentir à s’aliéner au langage.

F. Biasotto a présenté le commentaire fait par Sonia Chiriaco[2] de la thèse II du texte de Lacan « L’agressivité en psychanalyse »[3]. L’auteure se propose de clarifier les termes d’« intention agressive » et de « pression intentionnelle ». Elle associe l’« intention agressive » à la « volonté de jouissance ». Est-ce que cette pression intentionnelle relève d’une intention consciente du sujet ou bien est-elle sous-tendue par son désir inconscient ?

L’émergence de l’intention agressive se révèle inévitablement dans le transfert au cours d’une analyse. Et c’est par les formes des résistances que la pression intentionnelle sera épinglée en intention agressive. Ce sont les suspensions, hésitations, lapsus, dénégation comme « je ne dis pas ça pour vous blesser », petites phrases qui portent la marque de l’intention agressive. En outre, dans le transfert se réactualise la crainte fantasmatique de l’Autre primordial par la peur du jugement de l’analyste.

[1] Lefort R. et R., Maryse devient une petite fille, Psychanalyse d’une enfant de 26 mois, Paris, Seuil, 1995.

[2] Chiriaco S., Depuis la nuit des temps, publication  numérique : https://fdocuments.fr/document/depuis-la-nuit-des-temps-sonia-chiriaco-agressivite-ne-depuis-la-nuit-des-temps.html

[3] Lacan J., « L’agressivité en psychanalyse », Écrits, Paris, Seuil, 1966, p. 104.

Contact : Françoise Biasotto, frbiasotto@orange.fr

Tel: 06 09 64 55 98



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