CEREDA. 8 décembre – Marseille – Boutchou

La prochaine réunion du groupe Boutchou du CEREDA à Marseille aura lieu mardi 8 décembre à 20h30 en visioconférence. Présentation du chapitre V du livre « Maryse devient une petite fille » par Françoise Biasotto et du chapitre VI par  l’invitée de Boutchou, Claire Lec’hvien du groupe Emma à Laval.

Compte-rendu de la rencontre Cereda du groupe Boutchou du 17 novembre 2020, par Sophie Bernardin:

Françoise Biasotto a poursuivi la lecture du texte de Lacan : « La signification du phallus ». « Dans la relation sexuelle […], le sujet comme l’Autre, pour chacun des partenaires de la relation, ne peuvent se suffire d’être sujets du besoin, ni objets de l’amour, mais qu’ils doivent tenir lieu de cause du désir. »[1] Dans la relation sexuelle, chacun des partenaires doit « tenir lieu de cause du désir de l’Autre. Par ailleurs Lacan critique une certaine conception de l’analyse qui cherche à amener le Moi à une plus grande maturité, à une complétude. Il s’agit de faire advenir la Vérité du Sujet. L’intention n’est donc pas de faire son bonheur, de le satisfaire ou de camoufler la béance qui le constitue en bouchant le manque chez l’Autre. Ce qui par conséquent ferait disparaître son désir. Mais il s’agit de faire exister le Sujet – de le laisser dire.

L’oblativité est une notion religieuse et renvoie au sacrifice pour l’Autre. On n’attend rien de l’Autre et on donne, on est dans  le bien de l’Autre. Le phallus se situe entre réel et symbolique. Dans le réel, la copulation aboutit à la génération d’un enfant.

Aufhebung renvoie à l’élévation mais aussi à la suppression, à la disparition. Opération de refoulement, passage à la chute de l’objet et élévation à la dignité du signifiant. On n’attrape pas le signifiant comme ça, on ne l’attrape que voilé. Un semblant n’est ni un objet, ni un mot. Le sujet qui tente de se représenter par un signifiant est toujours frappé, marqué par le signifiant. Il n’est jamais que représenté par un signifiant que par un autre signifiant. Nécessité de renoncer à cette idée qu’il y aurait un signifiant qui le définirait complètement. Le phallus est un signifiant très particulier qu’on ne repère que par ses effets de présDans sa présentation du chapitre IV de « Maryse devient une petite fille »[2] Quentin Meynaud a  mis en évidence l’opération du couplage entre le signifiant tout seul S1 « cho – cho – cho »  et  le S2 « caca ».

Lefort tente de dialoguer avec Maryse, elle nomme l’objet et Maryse répond par « Non-non-non ». R. Lefort est attentive à ce qui se passe quand Maryse repère pour la première fois le pot dans la salle. Le signifiant « caca » est son premier mot qui signifie quelque chose. La propreté avec les enfants apparaît en même temps que le langage et avec Maryse, la propreté arrive avec le signifiant « caca ». Elle lâche la couche sale quand elle nomme les fèces et ensuite quand elle voit le pot, elle va lâcher le caca dans le pot. C’est le passage de la demande de l’objet en tant que tel à la demande signifiante. Maryse passe de la recherche de l’objet prélevé sur l’Autre au signifiant de l’Autre.

Comment Maryse entre dans la castration ? Quand la pulsion orale était au premier plan, il n’y a pas eu une amorce de symbolisation du sevrage avec « lolo » qui est le signifiant introduit par R. Lefort. Au début de l’analyse Maryse n’a pas symbolisé le sevrage qui est vécu comme une privation dans le réel. Elle était alors prise dans la Jouissance de l’Autre.  Quand Maryse prend la parole, elle s’extrait de sa position d’objet du fantasme de l’Autre.

Le terme de « lolo » fait attentat pour Maryse et quasiment effraction quand R. Lefort accole à la mélodie de la chanson « Fais dodo Cola mon p’tit frère » fredonnée par Maryse, les paroles avec en particuliers le S2 « lolo ».

Maryse produit l’association S1 – S2 : « cho-cho-cho » et « caca ». Le S2 « caca » prend le pas sur le S1 « cho-cho-cho ». S2 va faire signifier S1 en l’effaçant. S1 disparaît sous S2. Au moment où Maryse se met à parler et à dire « cho-cho-cho » et « non-non-non », elle devient une petite fille. C’est parce qu’elle peut dire « non » qu’ensuite elle peut dire « oui ». Nous pouvons remarquer que chaque fois que Maryse franchi une étape importante, elle tombe malade, elle est dans une position dépressive.

[1] Lacan J., « La signification du phallus » (1958), Écrits, Paris, Seuil, 1966,  p. 691.

[2] Lefort R. et R., Maryse devient une petite fille, Psychanalyse d’une enfant de 26 mois, Seuil, Champ freudien, 1995, chapitre IV.

Infos pratiques: Mardi 8 décembre à 20h30 par Zoom

Contact : Françoise Biasotto, frbiasotto@orange.fr, 06 09 64 55 98



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