SC. « La clinique en institution: une solution » par Quentin Meynaud

En préparation des 3 journées de formation vers les institutions organisées par la Section clinique d’Aix-Marseille et intitulées  «comment faire avec le mal-être contemporain? », Quentin Meynaud, participant à la Section clinique témoigne à partir de sa fonction de praticien hospitalier en pédopsychiatrie dans un hôpital de jour. Voici son texte intitulé « clinique en institution: une solution ».

Je travaille dans un hôpital de jour, c’est-à-dire dans une institution qui reçoit des enfants en grande souffrance psychique. Nous y rencontrons des enfants qui nous sont adressés alors que les soins ambulatoires (des consultations individuelles) n’ont pas été suffisants, ou alors pour lesquels les réponses protocolaires et globalisantes n’ont pas donné les effets escomptés.

Souvent, ils ne sont pas ou que très peu scolarisés. Nous sommes donc la seule institution qui leur permet un accueil. Ce sont des enfants qui parfois passent à l’acte, et répètent des crises pendant lesquelles leurs comportements, qui les dépassent, les mettent en danger. Enfin, nous sommes souvent le seul lieu d’adresse pour les parents, qui ne rencontrent pas d’autres professionnels à qui ils peuvent adresser leurs angoisses, leurs inquiétudes, leurs questions.

Comment ne pas se sentir seuls avec ses enfants, qui ne trouvent pas leur place là où les autres sont habituellement accueillis (écoles, centre aérés…) ? Comment ne pas se laisser entraîner par la répétition des passages à l’acte, et ne pas se laisser sidérer par ce qui apparaît comme de « l’agressivité » ou de « la violence » ? Enfin, comment ne pas se sentir écrasé par les inquiétudes légitimes de parents qui cherchent inlassablement des solutions pour leur enfant ?

Il m’apparait que les outils de la clinique psychanalytique donnent au soignant que je suis des possibilités de sortir de ces écueils. Lire chaque comportement, chaque passage à l’acte d’apparence similaire, dans le contexte de la singularité de chaque enfant. Comprendre les enjeux du transfert avec les parents. Repérer les phénomènes cliniques qui sont à l’œuvre. Voilà quelques pistes qui, à mon sens, répondent au sentiment d’impuissance du soignant en institution et permettent de dégager, pour des enfants pris dans la répétition et le passage à l’acte, une voie possible « d’être au monde ».

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Photo: Richard Serra, close pin prop,1969



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