SC. Colloque 2019 – Interview – Daniel Settelen

Daniel Settelen, psychiatre, psychanalyste à Lyon, membre de la SPP, répond à deux questions posées par Philippe Devesa, psychologue clinicien, participant à la section clinique.

Que vous inspire le thème du colloque sur le nouage psychiatrie / psychanalyse ?

Le thème du colloque est bien vu même s’il me questionne, car « nouage » laisse entendre qu’il n’y aurait plus de liens – de moins en moins – entre psychiatrie et psychanalyse.  Quel dommage !

La place de la clinique reste fondamentale tant en psychiatrie qu’en psychanalyse. Ne doit-t-on pas cet éloignement à un livre qui fait le bonheur des laboratoires pharmaceutiques, lesquels l’ont largement promu : le D.S.M. Ce livre qui exclut tout l’aspect dynamique de l’humain a fait disparaître des entités cliniques, telles la psychose hallucinatoire chronique et transformé la psychose maniaco-dépressive en populaires « troubles bipolaires » !!! Le nouage psychanalyse-psychiatrie apparaît de fait nécessaire ainsi que le retour à nos vieux cliniciens français et européens qui ont si bien décrit la pathologie clinique. Il y a beaucoup à dire !…

En quoi la psychanalyse peut-elle être une boussole pour l’expertise psy ?

En matière d’expertise en particulier criminologique que je connais bien, la psychanalyse est un puissant atout dans la mesure où elle aide à la compréhension du passage à l’acte et évite l’enfermement dans un  diagnostic purement symptomatique toujours difficile à porter, à distance des faits. L’analyse du transfert prend tout son sens et peut représenter une boussole en évitant l’égarement de l’expert, qui peut être pris malgré lui dans la séduction ou le rejet selon les sujets. Malheureusement les psychanalystes sont souvent mal à l’aise avec le passage  à l’acte et s’orientent hélas trop peu vers l’expertise. Là aussi, il y a beaucoup à dire si l’on considère les principales conclusions du groupe lyonnais de psychanalystes que j’anime depuis vingt ans sur le passage à l’acte criminel, à savoir : tout être humain a un seuil de représentation de sa violence qu’il ne peut dépasser sans risquer de tuer.

Ça fait réfléchir et réduit la distance !!!

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