CEREDA. 23 avril – Marseille – Boutchou

Lors de la réunion du 25 mars dernier, nous avons travaillé sur ce qui a retenu notre attention lors de la journée de l’Institut psychanalytique de l’enfant, «Enfants violents», tenue le 16 mars à Issy-Les-Moulineaux. Elle fut enseignante et riche en exposés cliniques. Plus de 1000 participants étaient présents. Compte rendu, par Françoise Biasotto.

La Journée a été ouverte par Daniel Roy, secrétaire général de l’Institut de l’Enfant et par Caroline Leduc, directrice de la Journée. Daniel Roy est parti du constat qu’à notre époque, les modes de jouissance se sont désinhibés dans le corps du social faisant monter la pulsion de mort au premier plan. « Nous avons cherché à nous mettre au clair avec cette présence de la pulsion de mort en nous. Les enfants n’ont que faire de notre angoisse. L’Institut de l’Enfant est un outil dont nous pouvons faire usage dans la clinique avec l’enfant. »

La violence n’est pas un concept psychanalytique. Elle objecte à la structure, elle est transtructurale. La pulsion de mort peut se renverser en pulsion de vie. Les textes présentés en ont témoigné. On ne peut réduire la violence à l’agressivité, ni à la pulsion de mort.

Derrière la volonté de destruction, il y a une volonté d’autre chose (Jacques Lacan, Le Séminaire, livre VII, L’Ethique de la psychanalyse). La pulsion de destruction remet en cause tout ce qui existe pour recréer autre chose. La place dans le monde s’acquiert par la bousculade de l’Autre. Elle vient d’un en trop de présence de l’Autre. C’est le signal d’un insupportable qui est à détruire.

Le surgissement de la violence qui prend l’enfant est le signe d’une angoisse encore plus forte. J.-A. Miller conseillait de procéder avec douceur avec l’enfant débordé par la violence.

Nous nous sommes arrêtés plus précisément sur les trois premières vignettes cliniques où il était question d’adolescentes qui avaient recours à la scarification comme tentative d’extraction d’un en-trop, pour apaiser l’angoisse. Nous nous sommes demandés si cette pratique renvoyait à une identification hystérique. Puis nous sommes revenus sur la conversation avec Julie Delalande, anthropologue de l’enfance à partir d’extraits d’un documentaire sur les relations entre les enfants dans la cour de récréation. « Dans la cour, si on est tout seul c’est le pire qui puisse nous arriver donc ça suppose de créer un lien de dépendance entre eux car ce qui compte c’est de trouver une place dans un groupe. La solitude est un point de souffrance  », remarquait J. Delalande.

Deborah Fanjwaks, dans la séquence «Violence sacrificielle / sujets sacrifiés», a présenté un dispositif inédit venant en alternative à la prison pour des mineurs inculpés par exemple d’association de malfaiteurs en vue d’une action terroriste et ayant une capacité d’accueil de huit mineurs.

Le thème de la prochaine journée de l’Institut de l’Enfant, qui aura lieu en 2021, portera sur «La différence sexuelle». Il a été présenté par D. Roy et M.-H. Brousse. C’est un thème branché sur la clinique moderne. Certains enfants ne se reconnaissent pas dans le corps qu’ils ont. Ils commencent par demander à changer de prénom. Nous allons confronter cette question aux textes de Freud et de Lacan. Au XXIe siècle, le couple «papa-maman» va-t-il recouvrir le couple «homme-femme» ?

Mardi 23 avril, nous travaillerons sur les textes suivants :
– Jacques-Alain Miller, « Les affects dans l’expérience analytique », La Cause du désir n°93, Navarin, Paris 2016.
– Daniel Pasqualin, un de ses textes publiés dans la Revue La Cause du désir sur sa passe.

Prochaines dates : les mardis 23 avril, 28 mai, 25 juin.

ContactFrançoise Biasotto, responsable groupe  Boutchou : frbiasotto@orange.fr



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