CEREDA. 26 février – Marseille – Boutchou

Le mardi 26 février 2019, Alain Revel reprendra le chapitre 7 de « L’inconscient », dans Métapsychologie de Freud et le commentera en le mettant en lien avec le séminaire VII, L’Ethique de Lacan. Lors de la réunion du mardi 22 janvier, Françoise Biasotto a présenté le contexte de cette citation de Lacan : « Ne savons nous pas qu’aux confins où la parole se démet, commence le domaine de la violence, et qu’elle y règne, même sans qu’on l’y provoque ? ». Compte rendu par Cécile Rios.

Lors de la dernière réunion, Françoise Biasotto a proposé de repérer dans quel contexte une référence de Lacan utilisée par M. Bassols dans son texte : « Acte de violence[1] » avait été écrite : « Ne savons-nous pas qu’aux confins où la parole se démet, commence le domaine de la violence, et qu’elle y règne déjà, même sans qu’on l’y provoque[2]. » Elle renvoie à un contexte différent de celui de M. Bassols puisque dans le texte de Lacan il s’agit du cadre de la relation transférentielle dans la cure, alors que pour Bassols il s’agit du passage à l’acte violent. Derrière l’agressivité de l’analysant, il peut y avoir une demande d’amour et l’analyste doit calculer son acte en tenant compte de cette dimension. En poursuivant la lecture du texte de Lacan qui est centré sur le processus analytique nous arrivons à un passage p. 377 dans lequel il cite Freud cette fois dans « Psychologie des foules et analyse du moi (1921) » à propos de la suggestion comme technique. Freud y témoigne de la « tyrannie de la suggestion » de la part de Bernheim en particuliers quand il perçoit la résistance du patient et qu’il l’interpelle en lui disant : « Qu’est-ce-que vous faites donc ? Vous vous contre suggestionnez ! » Voici le commentaire de Freud : « Je me disais que c’était la plus criante des injustices et des violences, que le malade avait bien le droit d’user de contre-suggestion, quand on tentait de le subjuguer par des artifices de suggestion. Ma résistance pris par la suite la direction plus précise de m’insurger contre le fait que la suggestion qui expliquait tout, dut elle-même se dérober à l’explication.[3] »

En deuxième partie de la réunion, une vignette clinique d’un enfant de 9 ans animé par toutes sortes de violence a été présentée. Il joue à des jeux vidéo interdits aux moins de 16 ans, il regarde des films d’horreurs très violents. Sa violence se manifeste en se jetant contre les murs et par des insultes vociférées. Il se sent persécuté par le regard de l’autre. Il dit aimer « le gore ». Il simule des combats où il tue, se fait tuer, meurt et ressuscite. Les séances ont permis qu’il traite son vécu corporel chaotique au fil de ses expériences. Dans ses expériences, il invite l’Autre à jouer, et dans le transfert, il pose une question sur la folie : « je suis fou, taré, psychopathe ? » Comment lui permettre de se défaire de ce signifiant ? Nous pouvons remarquer que la musique l’apaise, quelque chose se localise sans les mots. Ne pourrait-il pas trouver un point d’ancrage avec ce signifiant musicien ?

[1] Bassols, M., « Acte de violence », Le Zappeur n°4 octobre 2018

[2] Lacan, J., « Introduction au commentaire de Jean Hyppolite sur la Verneinung de Freud », Ecrits, Paris, Seuil 1966, p 375.

[3] Ibid., p. 377.

Prochaines dates : les mardis 26 mars, 23 avril, 28 mai, 25 juin.

ContactFrançoise Biasotto, responsable groupe  Boutchou : frbiasotto@orange.fr



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