SC. Conférences d’introduction à la psychanalyse – Aix-en-Provence – Être garçon vs être fille chez Freud

Le cycle des Conférences d’introduction à la psychanalyse 2018-2019 explore la question Être garçon versus être fille chez Freud sous la coordination de Nicole Guey, docteur en psychopathologie clinique, psychanalyste membre de l’ECF et de l’AMP. Un enseignement de la Section clinique d’Aix-Marseille (coordinateur : Hervé Castanet). 

Il est courant d’entendre que la psychanalyse explique la vie psychique, dans toutes ses manifestations, les plus simples comme les plus compliquées, par la sexualité. Tout est sexuel ! serait son axiome. La moindre lecture de Freud éloigne de ce cliché pansexualiste dans lequel un C. G. Jung, son ancien disciple, s’est complu avec ses archétypes sexuels immémoriaux.

D’abord, la sexualité freudienne ne se réduit pas aux pratiques sexuelles observables – à ce qui s’accomplit lors de la rencontre des corps dans un lit. Elle n’est jamais brute, isolable en laboratoire, mais inséparable d’une fiction, d’une « théorie sexuelle » – ce terme freudien désignant les théories que les enfants élucubrent pour s’expliquer les énigmes de la conception, de la naissance et de la différence des sexes.

Ensuite, le sexuel se distingue du génital. Freud a démantibulé la croyance en une sexualité unifiée sous le primat de la génitalité visant la reproduction que l’expression d’instinct sexuel accrédite pour le monde animal. La définition freudienne est plus ample  : « En psychanalyse, le terme de “sexualité” comporte un sens bien plus large, il s’écarte tout à fait du sens populaire. […] Nous considérons comme appartenant au domaine de la sexualité toutes les manifestations de sentiments tendres découlant de la source des émois sexuels primitifs. […] Nous nous servons du mot “sexualité” en lui attribuant le sens élargi du mot allemand lieben (aimer) », écrit Freud en 1910. Il ajoute en 1920 : « Mais, pour ce qui concerne l’extension du concept de sexualité nécessitée par l’analyse des enfants et de ce qu’on appelle des pervers, qu’il nous soit permis de rappeler à tous ceux qui, de leur hauteur, jettent un regard dédaigneux sur la psychanalyse, combien la sexualité élargie de la psychanalyse se rapproche de l’Eros du divin Platon ». De même, il corrigera une erreur qu’on lui attribue trop souvent  : si le rêve est la réalisation d’un désir, il est erroné d’ajouter que ce désir a toujours un contenu sexuel ou qu’il remonte exclusivement à des pulsions sexuelles.

Bref, tout n’est pas sexuel et ce dernier ne se résume pas au génital. Pour les hommes et les femmes, parce qu’habitant le langage, la sexualité fait difficulté. Ce n’est pas la rencontre aboutie du fil et de l’aiguille. Le rapport problématique à la sexualité n’est pas une éventualité pour les hommes et les femmes. C’est une donnée à laquelle personne n’échappe.

Le roc de la découverte de la psychanalyse se loge en ce point  : la sexualité, ce n’est jamais ça ! Il y a une subjectivation problématique du sexe anatomique pour les êtres parlants que nous sommes. L’idée d’une sexualité naturelle, comme on l’observe chez les animaux avec son rythme, ses périodes, sa systématicité, sa fixité instinctuelle répétitive, est un mythe – souvent une pastorale où chacun saurait comment faire avec son corps sexué et avec celui du (de la) partenaire. Ce mythe fascine. Dans une lettre à E. Jones, datée de 1914, Freud note en pensant à Jung  : « Quiconque promet à l’humanité de la libérer des épreuves du sexe sera accueilli en héros, on le laissera parler – quelque ânerie qu’il débite. » Le sexuel freudien est psychiquement traumatique et c’est sous cette forme que prioritairement il se rencontre. Par traumatique, il faut entendre une expérience vécue manifestant une excitation si forte qu’aucune élaboration ne peut la traiter et donc perturbant durablement la gestion de l’énergie psychique. Pour les principes de plaisir et d’homéostasie qui conditionnent l’équilibre psychique, elle est inassimilable.

Doit-on alors attribuer à la psychanalyse un pessimisme radical sur le sexe – une nouvelle façon de décliner la malédiction qui s’abat sur lui ? Nullement.

Nous tirerons quelques conséquences de ces remarques pour savoir ce qu’est être garçon et ce qu’est être fille chez Freud.

Infos pratiques

A Aix-en-Provence :
Hôpital Montperrin, 109 Avenue du Petit Barthélémy, 13000 Aix-en-Provence
De décembre 2018 à juin 2019, le mardi de 19h à 21h.
> 11 décembre, 5 février, 12 mars, 21 mai, 18 juin

A Marseille :
Maison du Bâtiment, 344 bd Michelet, Marseille 8e
> 29 mars (Conversation, toute la journée), 2 mars et 18 mai (Matinées de la SC)

Inscription (particuliers : 60 €, institutions : 130 €) sur : www.section-clinique.org
Contact : section.clinique.am@wanadoo.fr

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