Cereda. 24 mai – Marseille – Boutchou

Le groupe Boutchou poursuit le travail orienté par  le thème de la prochaine journée de l’Institut de l’enfant dans un an  sur la question de l’adolescence: nous continuons donc de « déconstruire » l’adolescence, en suivant Jacques-Alain Miller : « Dès lors que l’adolescence est une construction, rien n’est plus aisé que de la déconstruire. »[1]

Lors de la réunion du 1er mars, nous avons d’abord évoqué les mises en perspectives de notre projet quant à une mise à ciel ouvert de notre travail au CEREDA Boutchou. La proposition d’une journée clinique avec l’invitation d’un conférencier est à confirmer sur la prochaine séance.

Marie-Luce Lelièvre a poursuivi son travail par la lecture des chapitres IX, X et XI du Séminaire (livre I) de Lacan, Les écrits techniques de Freud. Nous avons travaillé les concepts de libido et de narcissisme primaire et secondaire selon Freud et Lacan, essentiels dans la constitution et la fonction du Moi. Puis nous avons tenté de cerné la fonction de l’image et de l’idéal du Moi à partir du dispositif optique proposé par Lacan. Ce dispositif complexifie l’expérience du stade du miroir en ce qu’il permet de montrer, notamment, en quoi le rapport à l’image structure le rapport à l’autre et en quoi la relation symbolique définit la position du sujet dans l’imaginaire. Par ailleurs, ce schéma vient révéler le regard et la voix, qui dans l’enseignement ultérieur de Lacan seront définis comme étant les objets du désir. Alain Revel interroge la validité même de l’expérience sur l’axe du miroir concave permettant via le miroir-plan de ne pas voir les tiges des fleurs prises dans l’illusion du vase. Nicole Guey rappelle que toute remise en question doit faire l’objet d’une recherche approfondie. À suivre donc.

Alain Revel nous a présenté sa lecture de l’article d’Alexandre Stevens : « L’adolescence, symptôme de la puberté » (Les feuillets du Courtil, n°15, mars 1998, p. 79-92). S’appuyant sur le mathème proposé par Jacques-Alain Miller, où le symptôme vient en réponse à l’inexistence du rapport sexuel, Stevens propose la puberté comme un des noms de l’inexistence du rapport sexuel et l’adolescence comme la déclinaison d’une série de choix symptomatique par rapport à cet impossible rencontré à la puberté. Les trois définitions du réel dans l’enseignement de Lacan s’articulent avec le réel de la puberté :
1) disjonction de l’image et de l’identification symbolique ;
2) être aux prises avec quelque chose qui surgit, qui n’a pas de nom et qui vient modifier l’image ;
3) le non-rapport sexuel qui fait retour.
Les nouvelles réponses symptomatiques à la puberté viennent éclairer que la clinique de l’adolescence n’est pas une clinique de la crise mais bien une clinique du symptôme et qu’il s’agit non d’une problématique dans le champ social mais des réponses individuelles comme choix et réponse d’un sujet.

[1] Jacques-Alain Miller, « En direction de l’adolescence », Intervention de clôture à la 3e Journée de l’Institut de l’Enfant ,13 avril 20015

Prochaine réunion
Mardi 10 mai, 20h30.
A l’ordre du jour :
L’éveil du printemps, de Franck Wedekind. Antje Garbe nous en proposera sa lecture.
– Françoise Biasotto présentera la fin de l’adolescence d’ André Gide à partir de deux références : J.-A. Miller, «L’orientation lacanienne : Sur le Gide de Lacan», publié dans La Cause freudienne n° 25, 1993 et André Gide, « Si le grain ne meurt », folio.

 

 



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