Propédeutique 2015 – La psychose, les psychoses : questions préliminaires

La rencontre de la psychose est toujours une épreuve pour le clinicien. L’angoisse qu’il peut rencontrer à titre intime en témoigne. Elle s’avère d’autant plus pesante en l’absence de repères pour orienter la prise en charge. Cette session de la Propédeutique vise à fournir ces repères et à en montrer les usages possibles.

Markus Schinwald, Nathalie (2012). L’œuvre de l’artiste autrichien s’expose actuellement au Wattis Institute for Contemporary Arts de San Francisco.

Dans son Séminaire III de 1955-1956 Les psychoses, Lacan s’efforce de construire le concept de Verwerfung (mot de Freud extrait du cas de L’homme aux loups, en 1914). Il lui faudra, après divers tâtonnements, une année de travail pour lui donner son nom français : forclusion. Ce terme est tiré du droit : « Forme particulière de déchéance faisant perdre à une personne la faculté d’exercer un droit par suite de l’expiration d’un délai. »

Avec cette traduction, la définition du concept se déduit : la psychose se spécifie par l’opération qui signe l’absence (= la forclusion) du signifiant de la Loi (= le Nom-du-Père) dans l’Autre du langage (= l’inconscient). Les psychoses désormais se réduisent à une classe : La psychose.
Ce séminaire est une magistrale démonstration issue de l’approche structuraliste – la présence du Nom-du-Père ou son absence – qui dégage une clinique du certain. Il est certain que la forclusion du Nom-du-Père signe la psychose. Il est certain que son inscription, par contre, signe la névrose ou la perversion. Le Nom-du-Père est la grand-route qui incarne la Loi. Ce Séminaire III invente la psychose lacanienne, dont la référence clinique clef est la paranoïa du président Schreber, dépliée dans ses Mémoires (1903) que Lacan, après Freud en 1911, lit ligne à ligne.

Dans son article de 1957-1958, « D’une question préliminaire à tout traitement possible de la psychose », Lacan complète son Séminaire en ajoutant les deux schémas R et I qui donnent à la thèse sur la Verwerfung ses conséquences cliniques, notamment pour expliquer le déclenchement.
L’article fonde, en logique didactique, ce que le Séminaire avait découvert. Sans ces bases, le clinicien ne peut qu’errer : en affirmant les classes, la psychose ne passe jamais à la névrose, et réciproquement.

Cependant, à partir des années 1970, Lacan sort de la clinique structurale au profit d’une clinique pragmatique : quelles solutions pour le sujet psychotique lorsqu’il n’a pas à disposition le Nom-du-Père ? Quels bricolages des bouts de jouissance sont inventés, au un par un ?

La session 2015 de Propédeutique permettra de retracer au fil de l’année ce chemin dans l’enseignement de Lacan et d’en extraire les balises utiles pour la pratique des participants.

Hervé Castanet

3 modules :
> L’atelier de lecture.
> Elucidation des situations cliniques.
> Le séminaire théorique : découvrez le programme des séances en cliquant ici.

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